Strasbourg, 14/06/2012 (Agence Europe) - Un haut diplomate européen a souligné, mercredi 13 juin, les inquiétudes de l'UE concernant les négociations sur le programme nucléaire de l'Iran. « L'Iran se sent de nouveau plutôt auto-assertif en termes de 'nous pouvons nous permettre de ne pas bouger à ce stade' », a expliqué le diplomate qui a énuméré, entre autres, les prix élevés du pétrole, les doutes sur la mise en œuvre du boycott pétrolier le 1er juillet, les rivalités internes ou encore les possible « mauvais calculs » comme des raisons de cette confiance.
Jugeant la réunion de Bagdad « plutôt décevante » car « le négociateur en chef (iranien) n'était pas prêt à s'engager sur le fond », le diplomate a précisé: « On ne peut pas parler de percée ou d'absence de percée mais d'engagement sérieux qui conduira finalement à une percée ». « Celui qui s'attendait à une percée lors de la deuxième ou troisième réunion a probablement eu quelques illusions », a-t-il expliqué, ne se montrant pas plus confiant sur les négociations entre l'Iran et l'AIEA. « Ce qui est inquiétant, c'est que dans le même temps, la piste de l'AIEA est au point mort. Cela semble être comme un miroir de ce qui se passe dans nos négociations: un engagement sur la procédure, mais aucun sur les questions de fond », a-t-il ajouté.
Mais l'UE veut garder espoir. Le haut diplomate a aussi précisé que l'UE est « fortement déterminée à poursuivre ce processus (de négociations) aussi longtemps qu'il y a un élan à le poursuivre et aussi longtemps qu'il y a un engagement (de l'Iran) à poursuivre sur la question nucléaire en substance ». Mais il y a bien sûr une certaine date limite. « Si l'évaluation collective ne va nulle part, nous ne devrons pas négocier pour négocier », a-t-il laissé entendre. La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Catherine Ashton est « prête à rester aussi longtemps qu'il le faudra » à Moscou lors de la réunion des 18 et 19 juin, a indiqué le diplomate, ajoutant que « si (le négociateur iranien Saïd) Jalili respecte son engagement d'examiner la proposition de l'E3 +3 (France, Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis, Chine, Russie), alors la prochaine réunion pourrait être plutôt tôt que tard ». (CG)