Horsens, 04/06/2012 (Agence Europe) - La perspective de parvenir à boucler un accord d'ici à la fin de l'année sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020 semble de plus en plus s'éloigner, ce qui aura un impact notamment sur la réforme de la politique agricole commune (PAC), qui doit entrer en vigueur à compter du 1er janvier 2014. La Commission européenne redoute que le retard dans les débats sur le budget 2014-2020 ne mette en danger l'entrée en vigueur de la réforme de la PAC 2014, ce qui risquerait, selon le commissaire Dacian Ciolos, de pénaliser les agriculteurs. C'est ce qu'il a confié dimanche 4 juin à Horsens, en marge de la réunion informelle du Conseil Agriculture.
« Je ne veux pas trop évoquer les scénarios d'un retard, car je pense que nous avons encore la possibilité d'avoir un accord à temps », a dit le commissaire européen à l'Agriculture. Idéalement, le Conseil européen ficèle le paquet budgétaire en fin d'année 2012 et la réforme de la PAC est entérinée au cours du premier semestre 2013. Pourtant, certains ministres européens de l'Agriculture, notamment du côté britannique, voient mal comment la réforme de la PAC pourrait entrer en vigueur le 1er janvier 2014, car personne ne s'attend réellement à un compromis sur le budget 2014-2020 en décembre prochain. La présidence irlandaise (début 2013) est consciente qu'elle va devoir selon toute vraisemblance hériter de la délicate tâche de boucler les négociations sur le budget.
C'est pourquoi « nous analysons également les autres scénarios » au cas où la réforme ne pourrait entrer en vigueur comme prévu au 1er janvier 2014, a reconnu le commissaire. Dans tous les cas, des retards affecteront les agriculteurs. « Tout retard affecterait en particulier les programmes de développement rural, et risquerait même d'avoir un impact sur les paiements directs » versés aux agriculteurs, a-t-il précisé.
Le problème est qu'un un accord définitif sur la réforme ne pourra intervenir sans que l'on connaisse le budget qui lui sera alloué. « Je vois mal comment les pays de l'UE et les eurodéputés peuvent se mettre d'accord sur la redistribution des aides directes sans connaître les montants disponibles », a ainsi relevé Dacian Ciolos. À noter que les négociations sur la réforme de la PAC avec les eurodéputés n'ont pas encore commencé. La présidence danoise présentera lors du prochain Conseil Agriculture (18 juin) un rapport d'étape sur la réforme de la PAC.
Chypre, qui prend la présidence tournante de l'UE pour six mois à compter du 1er juillet, espère pouvoir parvenir à un accord politique sur le budget pluriannuel d'ici au mois d'octobre, et à un accord final en décembre 2012. Certains ministres européens de l'Agriculture, lors des visites de sites au Danemark (parc national de la mer de Wadden, ferme biologique) lundi 4 juin, semblent rester optimistes. Pour Ilse Aigner, la ministre danoise, le calendrier est ambitieux mais réalisable. Idem pour le ministre finlandais Jari Koskinen. (LC)