Bruxelles, 04/06/2012 (Agence Europe) - L'eau est « une ressource partagée et un bien commun de l'humanité », et « l'accès à l'eau devrait constituer un droit fondamental et universel », affirme la commission de l'Environnement du Parlement européen dans un rapport adopté le 30 mai à l'unanimité. Ce rapport intitulé 'la mise en œuvre de la législation de l'UE sur l'eau dans la perspective d'une approche globale européenne des défis liés à l'eau', est un plaidoyer pour l'utilisation efficace des ressources en eau et un catalogue des mesures requises pour réussir dans cette tâche. Suivant Richard Seeber (PPE, autrichien), rapporteur sur ce dossier, les députés exhortent la Commission à aider les États membres à mettre en œuvre la directive cadre sur l'eau et à poursuivre les contrevenants. Ils insistent sur la nécessité de procéder à un audit de l'état du réseau européen d'approvisionnement en eau étant donné que les fuites pourraient causer le gaspillage d'environ 70% de l'eau fournie aux villes européennes, et d'encourager les investissements dans les infrastructures. Ils rappellent aussi que les pertes d'eau résultant d'une utilisation non efficace de cette ressource sont d'environ 20%.
La Commission et les États membres sont invités à recourir à des systèmes de tarification de l'eau conformes aux principes du 'pollueur payeur' et de 'l'utilisateur payeur', tout en tenant compte des implications sociales de cette tarification lors de la fixation du prix de l'eau.
Les parlementaires sont partisans d'un réexamen des subventions ayant un impact négatif sur l'eau et souhaitent que l'octroi de fonds européens au secteur de l'eau ou aux activités grosses consommatrices d'eau soit subordonné à l'existence de plans de gestion de l'eau. Ils appellent la Commission à soutenir la R&D pour encourager les entreprises à utiliser des matériaux nécessitant moins d'eau et à mobiliser les fonds structurels en faveur des régions les plus affectées par la raréfaction de l'eau. Des économies d'eau doivent être réalisées dans les secteurs d'activité gourmands en énergie et dans l'agriculture, via les technologies innovantes, estiment les députés qui prônent aussi la reconnaissance des efforts jusqu'ici déployés par les agriculteurs pour améliorer la qualité des eaux souterraines. L'eau devrait être un critère à prendre en compte pour évaluer la durabilité des sources d'énergie conventionnelles comme des sources d'énergie sobres en carbone.
La commission parlementaire prône aussi une politique de gestion des structures d'assainissement et des eaux usées qui s'attaque à la pollution à la source et encourage une utilisation accrue des eaux résiduaires. Le métrage de l'eau devrait être obligatoire dans tous les secteurs et pour tous les utilisateurs.
Les députés souhaitent que le système de drapeau bleu en vigueur sur les plages pour indiquer que la qualité des eaux est bonne soit étendu à tous les sites de baignade en Europe (rivières et lacs).
La Commission européenne prépare un « programme relatif à la sauvegarde des ressources hydriques de l'Europe » attendu pour novembre. Ce programme recensera les lacunes actuelles et les priorités futures et proposera des mesures visant à orienter l'élaboration de la politique dans le domaine de l'eau jusqu'en 2020. Il sera fondé sur une analyse intégrant la modélisation économique et climatique pour la période allant jusqu'en 2050. (AN)