Bruxelles, 25/05/2012 (Agence Europe) - Selon des études sur les coûts externes causés par chaque mode de transport commandées par des associations représentant les intérêts du rail, celles-ci disposent de chiffres faisant apparaître qu'elles bénéficient d'un large avantage sur la route, et dans une moindre mesure sur l'aviation, dans le calcul des coûts externes. L'enquête menée par les consultants CE Delft, ISIS, et INFRAS estime que le ferroviaire serait responsable de 4 fois moins de coûts externes que ces deux autres modes, par kilomètre par passager. Il n'en faut pas plus au secteur ferroviaire pour demander à la Commission d'aller plus loin encore pour l'internalisation des coûts externes, ce qui a été amorcé dans le transport routier de fret, avec la révision de la directive 'Eurovignette' l'année dernière.
Les coûts externes représentent la conversion monétaire de l'impact de chaque mode de transport sur l'air, le bruit, les accidents encourus, entre autres. À la lecture du total de ceux-ci, ce serait la navigation intérieure qui se hisserait à la première place, avec seulement 0,3 % des coûts externes du transport. Le ferroviaire, transport de passager et de fret confondus, suivrait avec environ 2%. C'est la route qui serait responsable de la très grande majorité des coûts externes, avec près de 93%, un pourcentage dû surtout au trafic passager. Avec 4%, l'aviation n'est pas comparable avec la route, mais s'avère plus responsable d'externalités que le rail.
Fortes de ces chiffres, les associations ferroviaires veulent en jouer pour alimenter le débat sur le transport dans la politique européenne. Pour l'Union internationale du rail (UIC), le rapport « est une autre indication claire des avantages du secteur ferroviaire en termes d'environnement, de société et d'économie. Cela montre que le rail a un rôle clé à jouer dans le développement d'une économie verte », estime son directeur général, Jean-Pierre Loubinoux. Son pendant à la Communauté du rail (CER), Libor Lochman, espère que « la Commission soutiendra des plans pour internaliser davantage les coûts externes. Cela pourrait résulter en une compétition plus juste entre les différents modes de transport, et créer des conditions pour un transfert modal en faveur des modes les moins polluants ». (MD)