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Bulletin Quotidien Europe N° 10621
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) soudan/soudan du sud

Préoccupations et interrogations

Bruxelles, 25/05/2012 (Agence Europe) - Lors d'un débat en plénière du Parlement européen, mercredi 23 mai, le secrétaire d'État danois aux Affaires européennes Nicolai Wammen, qui s'exprimait au nom de Catherine Ashton, a estimé que malgré le signal positif donné par l'adoption de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies (EUROPE n° 10609), les relations entre Soudan et Soudan du Sud restent « préoccupantes ». Une feuille de route existe, il faut la respecter, permettre le contrôle des frontières, cesser de soutenir les rebelles, songer aux besoins de populations qui vivent dans l'incertitude et la misère. L'UE, qui a déjà mobilisé une aide considérable pour la région, reste attachée à l'idée de deux États viables, a confirmé M. Wammen. Les deux États ont trois mois pour remplir leurs obligations ; s'ils ne le font pas, on envisagerait des sanctions.

La crise humanitaire est le problème numéro un pour l'Irlandais Gay Mitchell (PPE). Ces pays n'ont pas une tradition de « bon gouvernement », il faut les aider à en jeter les bases. Pourquoi n'a-t-on pas dans le passé songé aussi à aider le Soudan à mieux gérer et profiter de sa richesse pétrolière, s'est interrogé M. Mitchell. La filière pétrolière est maintenant entièrement entre les mains de la Chine, a constaté amèrement, pour le groupe S&D, la Belge Véronique De Keyser: le problème de la répartition du pétrole n'avait pas été résolu avant la séparation et « cela nous éclate maintenant à la figure ». Mme De Keyser, en rappelant la position équilibrée de l'Union dans la région, voudrait que son rôle y soit plus visible. Le Luxembourgeois Charles Goerens (ADLE) a constaté à son tour que, avec la séparation, le problème a changé de dimension, il est devenu international, et le droit international doit y apporter une solution. Les efforts des institutions africaines commencent à montrer leur utilité: l'Union a eu raison d'appuyer, dès 2010, les efforts de l'Afrique en vue de prendre en main son destin. Mais « il ne suffit pas d'avoir un État, il faut savoir le gérer ». Pour la Néerlandaise Judith Sargentini (Verts/ALE), il faut aussi choisir entre la guerre et le bien de la population. Elle craint que les choses ne traînent et que l'on se trouve face à une situation comparable à celle de l'Érythrée et de l'Éthiopie, prises dans un conflit qui surgit à intervalles réguliers. L'Union ne doit pas hésiter à imposer des sanctions, selon le Polonais Adam Bielan (CRE), et doit venir en aide aux réfugiés. En attendant, « le commerce des armes fleurit », avec une forte présence de Chine, Russie et Bélarus Les vrais problèmes du Soudan sont, selon le Néerlandais Bastian Belder (groupe EFD), le « comportement irresponsable de dirigeants incompétents », l'arrêt de la production de pétrole, le népotisme et la corruption. Pas de guerre pour le pétrole, insiste enfin l'Allemande Sabine Lösing (GUE/NGL), en invitant l'Union à jouer son rôle de médiation dans la plus stricte neutralité et avec le souci d'éviter qu'un scénario de ce genre ne puisse se reproduire. (LG)

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