Bruxelles, 25/05/2012 (Agence Europe) - Les professionnels du secteur de la pêche émettent de vives critiques au sujet de la proposition sur le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) dans une position détaillée transmise jeudi 24 mai à la commissaire compétente, Maria Damanaki. Europêche et le COPA-COGECA contestent surtout la suppression souhaitée par la Commission des aides à l'arrêt définitif des navires de pêche et à la cessation temporaire des activités de pêche.
Europêche et le COPA-COGECA considèrent que la proposition de règlement doit être améliorée. Elle comporte des éléments jugés positifs: accent sur l'innovation, amélioration de la collecte des données et collaboration renforcée avec les scientifiques, participation accrue des pêcheurs dans les efforts de protection des écosystèmes marins, maintien des aides à des projets d'actions collectives, groupes d'actions côtières et organisations de producteurs, encouragement significatif du développement de l'aquaculture.
« La proposition renferme toutefois certaines contradictions car, bien qu'elle s'inscrive dans le cadre de la stratégie 'EUROPE 2020', prioritairement axée sur l'accroissement du taux d'emploi et la promotion de la cohésion territoriale, la Commission poursuit comme premier objectif l'équilibre environnemental, les délais et les temps étant tels qu'ils menacent au moins 20 000 emplois directs dans les cinq années à venir », écrivent les professionnels.
Le secteur représenté au sein de ces organisation demande des mesures permettant: - de faciliter la restructuration des segments de flotte qui en ont besoin ; - d'encourager l'internationalisation des entreprises de pêche ; - de promouvoir les investissements et infrastructures dans les ports ; - de stimuler la création d'emplois dans le secteur de la capture, notamment pour les jeunes ; - d'améliorer la qualité des produits débarqués et d'élevage ; - de favoriser la pêche artisanale ; - de répondre à des besoins spécifiques de reconversion de flottes, dus par exemple à la suspension d'accords de pêche, l'augmentation de coûts d'exploitation tels que le gasoil, des désastres naturels ; - de maintenir des dispositifs pour stabiliser les marchés (aides au stockage privé) ; - de maintenir le mécanisme d'indemnisation compensatoire pour les thons destinés à la transformation.
Europêche et le COPA-COGECA remettent en question la suppression des aides à l'arrêt définitif et à la cessation temporaire des activités de pêche. Ils font remarquer que la restructuration de quelque secteur économique que ce soit « nécessite un soutien financier public ». Et attirent l'attention sur les conséquences négatives de la suppression de ces aides (vieillissement des navires avec un impact sur la sécurité des personnes embarquées). Europêche et le COPA-COGECA insistent sur le fait que les aides à la cessation temporaire des activités de pêche sont parfaitement justifiées dans les cas de réduction drastique de quotas.
Le secteur de la pêche et de l'aquaculture fait face à de grands défis, et le FEAMP devrait « accompagner la restructuration » du secteur prévue par la nouvelle réforme de la politique commune de la pêche (PCP) pour éviter d'aggraver une situation sociale et économique « très difficile », concluent les organisations. (LC)