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Bulletin Quotidien Europe N° 10621
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) environnement

Moins de soufre dans les gasoils marins, l'industrie inquiète

Bruxelles, 25/05/2012 (Agence Europe) - C'est peu dire que le compromis dégagé le 24 mai sur la proposition visant à réduire la teneur en soufre des gasoils marins déçoit l'industrie qui s'alarme par avance du coup porté à sa compétitivité, tant par les coûts additionnels que par les distorsion de concurrence escomptées de cet accord (EUROPE n° 10620).

L'Association européenne des services d'affrètement, de transport, de logistique et des douanes (CLECAT, European organisation for forwarding and logistics), comme la Confédération européenne des industries du papier (CEPI), déplorent qu'ait été acceptée la valeur limite de 0,1% à compter de 2015 dans les zones de contrôle des émissions de soufre (ZCES) [mer Baltique, mer du Nord et Manche) alors que dans les autres mers européennes c'est la valeur limite de 3,5% qui s'appliquera jusqu'en 2020 (et dans le reste du monde jusqu'en 2015).

« Pour garantir un environnement économique et social sain pour les citoyens, les émissions de soufre doivent certes être réduites, mais au meilleur coût et sans distorsions de concurrence », fait observer Nicolette van der Jagt, directrice générale de la CLECAT. Cette organisation regrette qu'en période de difficultés économiques, l'UE soit « restée sourde à l'appel des entreprises et de l'industrie européennes » qui demandaient de différer l'application de valeurs limites strictes pour permettre des investissements dans la production de masse de carburants à faible teneur en soufre et le développement de technologies efficaces permettant de réduire la pollution par ces carburants, efficacement et au moindre coût

Mêmes doléances, exactement, à la Confédération européenne des industries du papier (CEPI) qui n'a cessé d'attirer l'attention du Parlement et des États membres sur l'impact considérable qu'aura, selon elle, cet accord sur les entreprises opérant dans le nord de l'Europe. Réitérant que cet accord « entraînera un surcoût de quelque 4 milliards d'euros par an, selon les études les plus récentes », la CEPI affirme la rareté des carburants à faible teneur en soufre et le manque de méthodes fiables pour réduire cette pollution se traduira pour l'industrie du papier par une augmentation des coûts de transport estimée à 20-45%, en plus d'une augmentation de 50 à 80% des prix des gasoils marins. Cela, sans compter des distorsions de concurrence entre l'UE et ses concurrents étrangers.

« Pour être en mesure de se conformer aux valeurs limites prescrites dans un laps de temps aussi courte, les entreprises vont devoir solliciter l'aide de leurs États membres respectifs. Or les aides d'État ne compenseront pas l'augmentation des coûts et la perte de compétitivité qui s'ensuivra », déplore Teresa Presas, directrice générale de la CEPI. (AN)

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