Bruxelles, 25/05/2012 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères a appelé les autorités ukrainiennes à protéger et faire respecter les droits de tous les Ukrainiens, « y compris les lesbiennes, gays et personnes bisexuelles et transgenres » (LGBT), à pouvoir tenir des réunions pacifiques et à la liberté d'expression après la violente perturbation des manifestations pacifiques organisées les 19 et 21 mai dans le cadre de la « Kiev Pride ». « Profondément préoccupée » par l'événement, Catherine Ashton a appelé les autorités ukrainiennes à enquêter profondément et à traduire les auteurs en justice. Le chef de la délégation de l'UE en Ukraine a reçu les organisateurs de la « Kiev Pride » pour exprimer le soutien et l'engagement de la Haut représentante de l'UE pour la protection des droits de l'Homme de tous les Ukrainiens, sans discrimination, a souligné le porte-parole de Catherine Ashton. Il a précisé que l'UE discutera de la question lors des prochaines réunions bilatérales avec Kiev.
La toute première Gay Pride de Kiev - accompagnée de son festival KyivPride, qui devait avoir lieu le 20 mai - a été annulée par crainte pour la sécurité des manifestants. Deux militants ont été battus par des jeunes et, lors du point presse annonçant l'annulation de la marche, des hommes masqués sont intervenus pour attaquer les militants. « Si la police ukrainienne n'est pas en mesure d'assurer la sécurité des participants à une gay pride, on peut douter de sa capacité à agir lors de l'Euro 2012 de football », a déclaré la députée européenne Marije Cornelissen (Verts/ALE, Pays-Bas), présente pour soutenir les militants. Et d'ajouter: « À moins qu'il ne s'agisse d'un choix politique. Ce qui serait d'autant plus grave ».
Les associations LGBT s'inquiètent aussi de l'examen prochain, au parlement ukrainien, d'une proposition de loi qui interdirait la publication d'informations sur l'homosexualité et la bisexualité. Le travail des associations ou la publication d'articles seraient passibles d'amendes et même de peines de prison pouvant atteindre 5 ans. (CG)