Bruxelles, 25/05/2012 (Agence Europe) - Face à une situation qu'elle juge « désastreuse » des droits de l'Homme en Colombie et au Pérou, la FIDH demande au Parlement européen d'accompagner l'accord de libre-échange multipartite avec l'UE, qui doit être ratifié à l'automne, d'un plan d'action sur les droits humains.
À la veille du vote en commission du commerce international, le 29 mai, d'une résolution sur l'accord de libre-échange multipartite entre l'UE, la Colombie et le Pérou, paraphé en mars 2011, la Fédération internationale des droits de l'Homme monte au créneau en demandant de renforcer la clause sur les droits de l'homme incluse dans l'accord, et qui permet potentiellement sa suspension en cas de violation, par un plan d'action sur les droits humains. En opposition à l'unilatéralité de la clause suspensive, un tel instrument, basé sur un dialogue ad hoc et des consultations publiques, ainsi que sur l'engagement des parties péruviennes et colombiennes, donnerait plus de flexibilité. « Les députés européens auront une opportunité décisive de lier la décision du Parlement européen sur la ratification de l'accord de libre-échange à l'adoption et la mise en œuvre d'un plan d'action contraignant sur les droits de l'Homme, environnementaux et du travail », insiste la FIDH dans un communiqué, rappelant que le rapport 2011 du Comité international de la Croix Rouge (CICR) sur la Colombie indique une augmentation de violations des droits de l'Homme, dont l'assassinat ou la disparition de 55 défenseurs des droits humains et de 29 syndicalistes. La FIDH avertit en outre de « risques graves » pour les droits de l'homme en Colombie, avec le projet de réforme constitutionnelle sur le Tribunal especial para la garantias de fuerza publica, qui confierait à un tribunal spécial composé de membres retraités de l'armée la décision sur le jugement par un tribunal civil ou militaire des militaires soupçonnés de violations des droits de l'Homme, mais aussi avec le cadre juridique pour la paix (Marco juridico para la paz), qui conduit à une amnistie de facto des violations des droits de l'Homme en l'absence d'un vrai dialogue et la poursuite du conflit armé interne, et avec la réforme de la Cour suprême devant mener à la création d'une chambre spéciale composée de magistrats désignés par le gouvernement, qui empêcherait de juger les membres du parlement soupçonné de liens avec des groupes paramilitaires ou de narcotrafiquants.
Le plan d'action devrait, aux yeux de la FIDH, fixer des objectifs clairs assortis de délais, être axé sur des résultats à atteindre avant la ratification de l'accord de libre-échange, et demander aux parties de faire régulièrement rapport au Parlement européen et aux institutions mises en place par l'accord, le sous-comité sur le commerce et le développement durable et les mécanismes internes à la fois sur le contenu et la mise en œuvre de leurs obligations internationales en matière des droits de l'Homme. (EH)