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Bulletin Quotidien Europe N° 10621
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Modeste effort d'optimisme rappelant quelques aspects positifs et encourageants de la situation européenne

Réagir aux excès de défaitisme. Le scepticisme, le découragement et la méfiance des opinions publiques sont actuellement excessifs. Pour commencer, on oublie trop facilement la signification de l'unité européenne, ce qu'elle a apporté: la fin des conflits, la liberté et la démocratie même dans des régions où elles étaient auparavant inconnues, et la suppression des frontières. Dans les pays tiers, l'Europe unie est encore un modèle: les pays qui entourent l'UE n'aspirent qu'à y être admis, des millions de personnes d'autres continents risquent leur vie pour en franchir les frontières. Mais la mode est aux critiques et aux lamentations. Si cette atmosphère eurosceptique contribue à surmonter les difficultés et les divergences actuelles, qu'elle soit elle aussi la bienvenue.

Toutefois, un rappel de quelques évolutions positives n'est pas inutile. Les efforts pour surmonter les difficultés et les complications de la période actuelle commencent à donner quelques résultats ou permettent au moins de regarder en avant avec un minimum de confiance ou d'espoir.

1. Pour les Américains, l'UE demeure essentielle. La réunion du G8 de samedi dernier a prouvé à quel point les États-Unis ont besoin que l'UE fonctionne et que l'euro soit solide. L'impression que M. Obama concentrait son attention sur la Chine et sur l'Asie en général, en considérant l'Europe comme une entité négligeable, a été démentie par les faits ; si quelqu'un Outre-Atlantique l'avait pensé, il a dû faire marche arrière. La coopération euro-américaine va sans doute connaître un nouvel élan.

2. Valeur de l'euro. L'opinion publique doit avoir l'impression que l'euro perd continuellement de la valeur face au dollar, étant donné que tout glissement est mis en relief par les moyens d'information, alors que les mouvements dans le sens opposé sont en général négligés. La vérité est que l'euro est en substance stable, les mouvements étant faibles et allant dans les deux sens. Les statistiques indiquent que la valeur de l'euro était de 1,218 dollars le 21 juin 2010 ; elle avait connu des hauts et des bas de faible ampleur ensuite en 2011 et elle se situait à 1,265 dollars le 16 janvier de cette année-ci. D'ailleurs, certains experts estiment qu'un euro un peu moins fort serait souhaitable.

3. Symptômes d'éclaircie. Quelques signaux positifs avaient même précédé le dîner informel entre les chefs d'État et de gouvernement. Le premier signal concerne le consensus entre Parlement européen, Commission et Conseil sur la création des projets bonds, c'est-à-dire des obligations émises et garanties en commun pour la réalisation de quelques grands projets d'intérêt européen. Les optimistes considèrent que c'est un premier pas vers les eurobonds…

Le second signal positif est le vote du Parlement en faveur de la taxe communautaire sur les transactions financières, telle que proposée par la Commission. Les réticences au sein du Conseil sont encore nombreuses et les problèmes à résoudre sont sérieux et complexes, mais le signal est arrivé.

4. Le « parallélisme » n'est plus simplement un slogan. Le parallélisme entre la discipline budgétaire et la relance économique est non seulement accepté mais soutenu par toutes les institutions jusqu'au niveau du Conseil européen. On assiste même à une bataille de priorité entre les forces politiques, chaque groupe se vantant d'être le précurseur de ce principe. Combien de chemin parcouru depuis l'approbation du Traité sur la discipline budgétaire ! Aujourd'hui on demande même que certaines catégories de dépenses d'investissement ne soient pas prises en compte dans le calcul du déficit ; et ce n'est pas une suggestion de la gauche car c'est Mario Monti qui la soutient.

Ce qu'il faut éviter à présent, c'est de prolonger la querelle sur la forme et la présentation de ce parallélisme, pour préciser si le volet relance économique doit avoir la forme d'une modification du Traité budgétaire, ou d'un supplément, ou d'un protocole ou d'une déclaration annexe ; jeu dangereux si l'on tient compte comme il se doit des dispositions relatives à l'entrée en vigueur automatique du Traité budgétaire.

D'autres éléments. Mon invitation à ne pas sous-évaluer les aspects encourageants de la situation s'arrête ici pour le moment. Il faut y ajouter les initiatives de M. Barnier pour renforcer et étendre le fonctionnement et la nature du marché commun, et de M. De Gucht et faveur d'une véritable réciprocité des pays tiers dans l'ouverture des marchés dans leurs aspects multiples. Ce sont des dossiers d'une énorme importance pour renforcer la situation économique et sociale de l'Europe et sa place dans le monde.

(FR)

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