Bruxelles, 10/05/2012 (Agence Europe) - Le dopage dans le sport de loisirs a requis toute l'attention des ministres des sports jeudi 10 mai, sous la houlette du ministre danois Uffe Elbaek et avec la participation de la commissaire en charge des sports Androulla Vassiliou. Les ministres ont eu une débat public sur les défis qu'il faudra relever en matière de dopage, tant pour le sport professionnel que pour le sport de loisir, avant d'adopter des conclusions sur la lutte contre le dopage, spécifiquement dans le sport de loisir. À midi, les ministres ont eu un déjeuner de travail sur la question avec des représentants du monde sportif. Si les appréciations sont différentes quant aux actions à prendre, toutes les parties prenantes ont reconnu qu'il y avait urgence de combattre le dopage, afin de défendre les valeurs éthiques du sport, a remarqué M. Elbaek.
La lutte contre le dopage dans le sport professionnel est une nécessité reconnue depuis de nombreuses années, et les travaux de l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) ont déjà permis de baliser les mesures urgentes à prendre, mais combattre le dopage dans le sport de loisirs n'est pas encore répandu, malgré les ravages qu'il peut causer en matière de santé. Les interventions des délégations ont mis en évidence une prise de conscience quant à l'existence du phénomène dans le sport amateur, en particulier dans les salles de fitness et de musculation. Actuellement, les données quant à l'ampleur de ce fléau dans les centres sportifs ne sont pas suffisantes. Des statistiques fiables permettraient une meilleure évaluation de la situation. Par ailleurs, se pose le problème de la liberté individuelle: s'il est normal d'établir des règles et un code de conduite pour les professionnels, le sport amateur ne peut être régi de la même façon.
Les États membres ont insisté sur l'échange de bonnes pratiques et la nécessité d'intensifier la coopération entre l'Union européenne, le Conseil de l'Europe et toutes les institutions concernées. Les jeunes doivent être éduqués à des pratiques sportives saines et les écoles être un lieu d'échange et d'information à ce sujet. Rappelant la nature non contraignante des décisions de l'Union européenne en matière de sport, la commissaire Vassiliou espère qu'« Erasmus pour tous », le nouveau programme qui regroupera les progarmmes actuels en matière d'éducation mais aussi le sport (le Conseil en discutera ce vendredi 11 mai), permettra d'approfondir la mobilisation sur le problème du dopage, par le biais de l'éducation, et en coopération avec toutes les parties prenantes (les experts, les jeunes et les athlètes notamment).
Les conclusions adoptées dans la foulée des discussions résument les points qui précèdent. Le Conseil demande plus particulièrement: 1) l'élaboration de programmes éducatifs, de campagnes d'informations et d'autres mesures de prévention portant sur le dopage dans le sport de loisirs ; 2) une coopération étroite entre les pouvoirs publics, le mouvement sportif et le secteur de la remise en forme, par l'élaboration en commun de projets, d'orientations et de réglementations ; 3) des mesures appropriées et efficaces au niveau national, pour procéder aux enquêtes et appliquer les sanctions qu'appellent la production, le trafic, la distribution et la possession de dopants dans les sports de loisirs.
Le Conseil propose par ailleurs d'élargir le mandat du groupe d'experts sur la lutte contre le dopage de manière à ce qu'il couvre la lutte contrele dopage dans le sport de loisirs. Les travaux du groupe devraient porter sur la prévention, l'éducation et l'échange de bonnes pratiques. « Le dopage ne cesse d'évoluer, avec de nouvelles méthodes et de nouvelles substances. Il menace le sport dans son intégrité », a conclut M. Elbaek. (IL)