Bruxelles, 08/05/2012 (Agence Europe) - La Commission prépare sa riposte au protectionnisme argentin. Outre un recours à l'OMC contre les restrictions à l'importation prises par Buenos Aires, l'UE pourrait revoir ses préférences commerciales octroyées à l'Argentine, en réaction à l'expropriation Repsol.
L'expropriation de compagnies étrangères en Argentine et en Bolivie, la politique restrictive aux échanges menée par l'Argentine via son régime étendu de licences d'importation sont « un problème » pour ces deux pays, qui « auront plus de mal à obtenir l'investissement international dont ils ont besoin ». « Ils sont aussi un problème pour l'UE, puisque ses entreprises sont directement affectées. Nous allons bientôt réagir à l'action de l'Argentine dans l'affaire Repsol, en particulier », a assuré Karel De Gucht, lors d'une conférence sur les relations UE/Brésil, lundi 7 mai à Bruxelles.
S'il envisage déjà de déposer une plainte auprès de l'OMC dans les semaines à venir contre les mesures de restriction à l'importation adoptées par l'Argentine, qui a largement étendu depuis 2008 sa liste de produits soumis à des licences d'importation, l'exécutif européen va aussi réagir à l'expropriation du pétrolier espagnol Repsol de sa filiale argentineYPF, décidée à la mi-avril par la présidente Cristina Kirchner, et validée par le Congrès argentin la semaine dernière. Les mesures de rétorsion européennes pourraient prendre la forme d'une suspension des préférences commerciales accordées au pays via le système de préférences généralisées de l'UE (SPG), option défendue par l'Espagne.
Dans un courrier adressé le 19 avril au ministre argentin du Commerce Hector Timerman, le commissaire De Gucht avait dénoncé la série de mesures restrictives aux échanges prises par Buenos Aires à laquelle est venue s'ajouter l'expropriation du pétrolier Repsol, en avertissant que l'UE « n'exclut aucune option pour résoudre cette question aux plans bilatéral et multilatéral ». (EH)