Bruxelles, 08/05/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne veut profiter de la volonté du prochain gouvernement français de promouvoir un agenda européen pour la croissance pour donner un coup d'accélérateur aux mesures susceptibles de sortir l'Europe de la récession qu'elle prêche depuis deux ans. « Saisissons ce moment pour renouer avec la croissance et l'emploi en Europe », a lancé son président José Manuel Durão Barroso, mardi 8 mai en présentant une déclaration de l'institution européenne à la veille de la Journée de l'Europe. La Commission ne modifie cependant pas d'un iota sa vision d'une sortie de crise de la dette souveraine et constituée par le triptyque suivant: consolidation budgétaire, réformes structurelles, investissements ciblés. « Quand vous parlez le langage de la vérité, vous ne pouvez être original tous les jours ! », a reconnu M. Barroso, en misant sur la cohérence à moyen terme de son projet.
Selon le président de la Commission, les résultats des élections en France et en Grèce démontrent « l'urgence » d'adopter et de mettre en œuvre les politiques et instruments suivants: - ne pas relâcher l'effort d'assainissement des finances publiques ; - accélérer les réformes structurelles aux niveaux européen (adoption du brevet européen, approfondissement du marché intérieur, lancement dès 2012 de projets pilotes cofinancés par des 'project bonds') et national (transfert de la charge fiscale du travail vers la consommation) ; - investir davantage dans les infrastructures de transport, énergétiques, numériques. Sur ce dernier point, les fonds nécessaires sont à trouver du côté de la BEI, dont le capital devrait être augmenté d'« au moins » 10 milliards d'euros au Conseil européen de juin, et d'un cadre financier pluriannuel ambitieux pour la période 2014-2020.
Ne semble pas être à l'ordre du jour de la Commission l'inscription d'un volet 'budgétaire' dans le Pacte pour la croissance que plusieurs leaders européens appellent de leurs vœux. « La crise a montré que la croissance alimentée par l'endettement n'est pas soutenable », a estimé M. Barroso. Un desserrement de l'étau que représentent les objectifs de réduction du déficit excessif fixés par le Conseil Écofin paraît également improbable, la Commission devant présenter vendredi 11 mai ses prévisions économiques de printemps. Même si le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn a réitéré, mardi, le message selon lequel le Pacte de stabilité et de croissance autorise une marge d'interprétation, et donc une différenciation dans les objectifs à poursuivre, en fonction des circonstances budgétaires et macro-économiques de chaque État membre (EUROPE n° 10609). « Le Pacte n'impose pas une stratégique unique pour tous », a-t-il souligné. Promue par le Premier ministre italien Mario Monti (EUROPE n° 10607), l'idée d'une interprétation plus flexible des dépenses d'investissement par le Pacte de stabilité n'a pas été discutée au collège des commissaires européens, de l'aveu même du commissaire au Marché intérieur Michel Barnier. « Toutes les dettes ne se valent pas », a expliqué un haut fonctionnaire européen, tout en se demandant quel impact un retour au laxisme budgétaire aurait sur les marchés financiers alors que le Pacte révisé ne s'applique que depuis décembre 2011. (MB).