Bruxelles, 08/05/2012 (Agence Europe) - Le constat semble partagé par tous. Le déficit démocratique de l'UE est une réalité, malgré les réformes institutionnelles engagées au fil des années. Conséquence ? La confiance des citoyens envers les institutions européennes ne cesse de décroître. L'UE inspire la confiance à seulement 34% des Européens (Eurobaromètre, décembre 2011). Ce lien entre le déficit démocratique de l'UE et l'absence de confiance des citoyens européens, ainsi que la manière dont il faut y faire face, ont fait l'objet d'un vaste débat lors de la conférence « La démocratie en Europe: Où en sommes-nous ? Un point de vue de la société civile », organisée, mardi 8 mai, par le Comité économique et social européen (CESE).
Pour le Professeur Lars Tragardh, de l'Université Ersta Skondal de Stockholm, le déficit démocratique européen peut en partie être comblé par une réforme des institutions et du fonctionnement de l'UE. En choisissant l'exemple du principe de subsidiarité, il a souhaité montré que la perception de la distance entre le citoyen et le centre de prise de décision est un enjeu crucial. C'est « un obstacle fondamental » pour les institutions européennes, car le lieu où les choix politiques sont réalisés, notamment quant à l'approche économique actuelle, semble déconnecté des citoyens, d'où un sentiment de méfiance. Cette distance a en plus atteint un certain paroxysme, pour la vice-présidente du Parlement européen Isabelle Durant (Belgique, groupe des Verts/ALE). Une situation qui est en outre renforcée par « une arrogance européenne » propre, selon-t-elle, aux institutions de l'UE qui vivent dans une « religion » qu'elles ont elles-mêmes créée.
Quelles réponses concrètes peuvent être apportées ? Ici, des divergences nettes sont apparues entre les intervenants. Si Jean-Marc Roirant, président du Forum civique européen (FCE), a appelé à ne pas confondre déficit démocratique et processus délibératif, en marquant ainsi une limite à la participation directe des citoyens dans la vie des institutions, Mme Durant a plaidé pour une approche radicalement opposée. À côté de ses propositions pour responsabiliser davantage la Commission européenne devant le Parlement et créer des listes transnationales lors d'élections européennes, elle s'est dite en faveur d'une participation directe des citoyens, sans intermédiaire, par la voie de nouveaux outils, comme les réseaux sociaux. Une nouvelle gouvernance à multi-niveaux, a-t-elle expliqué. Quant à Conny Reuter, président de la Plateforme des ONG européenne du secteur social, il a souhaité mettre en valeur les bénéfices des « corps intermédiaires », seuls aptes, selon lui, à expliquer la complexité des dossiers européens. (JK)