Bruxelles, 08/05/2012 (Agence Europe) - La Syrie a subi près de trois milliards de dollars de pertes en raison des sanctions européennes et américaines infligées à son secteur pétrolier, a annoncé, mardi 8 mai, le ministre du Pétrole syrien, Soufiane Allaou. Ces pertes sont dues à la baisse de la production du pays, d'environ 35 millions de barils depuis avril 2011 et les premières sanctions. Avant les sanctions, la Syrie exportait 150 000 barils par jour.
Par ailleurs, le régime syrien s'est dit satisfait, lundi 7 mai, du « remarquable » taux de participation aux élections législatives qui se sont déroulées « en douceur », le même jour. « Le scrutin se déroule normalement... Il n'y a aucun problème jusqu'à présent à l'exception de quelques questions qui se produisent généralement dans tout climat électoral », a déclaré le ministre syrien de l'Intérieur Mohammad Ibrahim al-Sha'ar, alors que plusieurs villes rebelles ont boycotté les élections.
Mais la communauté internationale n'est pas dupe. La France a qualifié de « farce sinistre » la tenue des élections en Syrie, en raison de la poursuite de la répression. « C'est par le processus de transition politique déterminé par le plan Annan et par la Ligue arabe que le peuple syrien pourra retrouver la capacité de s'exprimer librement sur son destin », a rappelé Paris. Pour les États-Unis, ces élections sont « ridicules », car des élections crédibles ne sont pas possibles dans un pays en proie à des violences persistantes. Les autorités chinoises ont quant à elles espéré que le scrutin aiderait « à promouvoir le processus de réformes en Syrie ».
Déploiement des observateurs
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a souligné que la priorité est de déployer les observateurs en Syrie le plus vite possible, appelant à une « cessation de la violence sous toute forme et à une action » pour mettre en œuvre son plan. Il a formulé le vœu que, d'ici mi-mai, « nous serons en mesure de déployer quelque 230 observateurs ou plus. Notre objectif est de déployer 300 observateurs dans le cadre de la mission d'observation, le plus vite possible, en mai ». Mardi, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé a une hausse sensible du nombre d'observateurs. « Nous avons besoin de 1000, 2000, peut-être 3000 observateurs, soit une mission majeure en mesure de visiter le pays tout entier et de voir ce qui s'y passe », a expliqué M. Erdogan en visite en Italie. « Si quelqu'un devait me demander où en sont mes espoirs, je répondrais que j'ai perdu tout espoir », a-t-il ajouté. (CG)