Bruxelles, 21/03/2012 (Agence Europe) - À l'heure où les ministres de l'Agriculture des pays de l'UE se rassemblaient, mardi 20 mars, pour débattre des propositions de la Commission européenne sur la réforme de la politique agricole commune (PAC) pour 2014-2020, le Comité économique et social européen (CESE) a organisé une conférence en vue de la célébration du 50ème anniversaire de la PAC. Si le président du CESE, Staffan Nilson, a pointé les évolutions et les avancées de l'UE en matière de politique agricole ces 50 dernières années, il a abordé la question du « gaspillage » alimentaire malgré l'« excédent agricole énorme » en Europe, rappelant que l'objectif premier de l'agriculture est bien de « nourrir les hommes », et celui de la PAC, de
« réduire l'insécurité alimentaire ».
La ministre belge de l'Agriculture, Sabine Laruelle, a salué le fait que la PAC soit « la seule politique supranationale entièrement intégrée aujourd'hui », son budget ne reposant que sur un financement exclusivement européen. Mme Laruelle a rappelé que les objectifs initiaux de la politique agricole de l'UE sont toujours d'actualité et que la réforme devra nécessairement maintenir le même cap, à savoir « garantir la sécurité d'approvisionnement alimentaire, assurer des revenus dignes aux agriculteurs, mettre [les agriculteurs] à l'abri contre la volatilité des prix, favoriser l'innovation des outils agricoles et répondre aux enjeux environnementaux et climatiques », a-t-elle soutenu. En réaction à la proposition de la Commission d'appliquer une répartition partielle des paiements directs entre les États membres, Mme Laruelle a riposté qu' « une distribution plus équitable ne veut pas dire égalitaire entres les agriculteurs » des différents pays de l'UE.
La 'simplification' de la réforme de la PAC, comme envisagée par la Commission, a fait l'objet de vives critiques du ministre de l'Agriculture polonais, Marek Sawicki, jugeant qu' « un transfert de certaines obligations du 2ème pilier vers le 1er pilier n'est pas une simplification » (EUROPE n°10575). Il a insisté sur la nécessité de promouvoir des actions concrètes pour les jeunes agriculteurs et a appelé à se concentrer sur les réels objectifs de la PAC et non pas sur « une réforme qui n'en est pas une ». Le directeur général de la DG Agriculture et développement rural de la Commission, Jerzy Plewa, a déclaré que s'il émane des 50 dernières années de la PAC un « sentiment de réalisation », « on a besoin d'un sentiment de développement continu ». Selon, M. Plewa, la PAC a déjà prouvé ses capacités en termes de développement durable des zones rurales et devra encore se renouveler. « La PAC est une cible mouvante, il faut donc continuer à adapter ses objectifs (…) c'est le cas pour l'élargissement de l'UE et c'est également le cas pour la PAC », a-t-il conclu. (SD/stagiaire)