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Bulletin Quotidien Europe N° 10554
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) jai

La corruption reste un fléau majeur dans l'UE, surtout pour les Grecs

Bruxelles, 15/02/2012 (Agence Europe) - Même s'ils sont un peu moins nombreux qu'en 2009, une large majorité d'Européens (74%) continue de penser que la corruption reste un fléau majeur dans leur pays, contre 78% en 2009. Et, sans surprise, les Grecs sont les Européens les plus nombreux à le penser, avec un taux de 98% des répondants, contre, au bas de l'échelle, 19% au Danemark, indique un dernier Eurobaromètre publié mercredi 15 février.

Selon ce sondage, qui s'est déroulé en septembre, près de la moitié des personnes interrogées (47%) croit aussi que la corruption s'est aggravée dans leur pays ces 3 dernières années, notamment en Slovénie, à Chypre, en République tchèque ou au Portugal et moins d'un Européen sur dix (7%) pense qu'elle a au contraire diminué. Les citoyens pensent encore que la corruption est surtout répandue au niveau des institutions nationales (79% des réponses), locales (76%) et régionales (75%) ; là encore les Grecs sont les Européens les plus convaincus de l'existence de la corruption à ces 3 niveaux avec 95% des réponses pour chaque niveau d'administration. Selon les personnes sondées, la corruption et l'abus de pouvoir surviennent par ailleurs dans tous les services publics, les responsables politiques nationaux (57 % des réponses) et les fonctionnaires qui attribuent des marchés publics (47 %) étant les « plus susceptibles d'être considérés comme impliqués dans ce type d'activités ». En outre, 67% des sondés estiment que la corruption fait partie de la culture d'entreprise de leur pays (88% des sondés en Grèce, Italie ou à Chypre).

D'une manière générale, seulement 22 % des Européens estiment que les poursuites visant à prévenir les remises ou la réception de pots-de-vin sont suffisantes contre 30% en 2009 et 77% des sondés jugeaient aussi en 2011 « trop légères » les peines infligées en cas de condamnation. Autre élément intéressant du sondage: le fait que les Bulgares (dont le pays est soumis depuis 2007 avec la Roumanie à une surveillance étroite de la Commission dans le cadre du CVM) soient les Européens les plus convaincus de l'utilité des travaux de l'UE pour lutter contre la corruption, 46% des Bulgares estimant que l'UE a permis de réduire le phénomène dans leur pays, contre 29% en moyenne dans l'UE.

Enfin, autre enseignement: 73% des Européens estiment que la corruption sévit aussi largement dans les institutions européennes, surtout en Autriche mais un peu moins en Pologne, où « seulement » 52% des sondés sont de cet avis. Interrogé mercredi, Michele Cercone, le porte-parole de la commissaire Cécilia Malmström, en charge de ces questions, a tenu à nuancer ces résultats, rappelant qu'il ne s'agissait que d'une « perception » des Européens et qu'elle ne recouvrait pas forcément des « faits réels ». Le porte-parole a rappelé la politique de « tolérance zéro » de la Commission face à la corruption et indiqué qu'entre 2007 et 2011, 1000 enquêtes concernant les institutions avaient été effectuées dont 250 concernaient des fonctionnaires européens. Et sur ces 250 enquêtes internes, « la corruption avait été établie dans seulement 15% des cas », a poursuivi M. Cercone, soit pour une trentaine de personnes. Ces cas portaient sur des abus de pouvoir, des conflits d'intérêts ou des tentatives de peser sur des décisions d'attribution de marchés publics par exemple, a précisé le porte-parole. (SP)

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