Bruxelles, 15/02/2012 (Agence Europe) - Le groupe S&D du Parlement européen a demandé mardi soir à Strasbourg au gouvernement néerlandais de condamner l'initiative de son allié, le Parti des Libertés de Geert Wilders (PVV), invitant les Néerlandais à dénoncer sur une hotline les ressortissants des nouveaux pays membres, en particulier les Polonais, les Roumains et les Bulgares. Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, avait cependant à nouveau refusé mardi de dénoncer ce projet, affirmant qu'il ne s'agissait pas d'une initiative de son gouvernement et qu'il ne pouvait commenter les idées et initiatives des autres partis politiques. Le PVV est l'allié du gouvernement Rutte et dispose avec lui d'un accord sur une série de questions, notamment sur l'immigration, mais pas sur les affaires européennes, avait déjà fait valoir le Premier ministre la semaine dernière.
Pour le S&D, ce raisonnement pose problème puisque le PVV étant un soutien de la coalition (minoritaire) de centre-droit, « il a un impact direct sur les politiques mises en œuvre par le gouvernement. Et en ne condamnant pas l'initiative, il soutient indirectement » son caractère discriminatoire. Pour le S&D, le gouvernement Rutte a l' « obligation » de rassurer les Européens qu'ils ne seront ni discriminés, ni stigmatisés aux Pays-Bas et doit agir pour faire respecter la libre circulation des travailleurs (les Pays-Bas restreignent toujours leur marché du travail aux ressortissants en question) et les dispositions européennes sur la lutte contre les discriminations fondées sur la race ou l'ethnie.
Mardi 14 février, la Commission a indiqué qu'elle ne pouvait pas à ce stade aller plus loin dans son action contre le PVV, Mme Reding ayant simplement dénoncé le projet dans un communiqué. Il existe des directives contre la discrimination et des lois contre l'incitation à la haine et à la xénophobie. Il revient ainsi aux citoyens de se tourner vers leurs tribunaux nationaux pour faire valoir ces dispositions, a dit Matthew Newman, le porte-parole de Mme Reding et, en dernier recours, de faire appel à la Cour des droits de l'Homme de Strasbourg. Mardi, le chef de file du groupe ADLE, Guy Verhofstadt, avait aussi demandé au gouvernement, sur les ondes de la radio néerlandaise, de ne pas rester « silencieux ». (SP)