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Bulletin Quotidien Europe N° 10554
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) proche-orient

L'UE doit revoir ses relations bilatérales avec Israël

Bruxelles, 15/02/2012 (Agence Europe) - Le respect du droit international et des droits et libertés fondamentaux a toujours été au cœur de la politique extérieure de l'UE et constitue une condition sine qua non dans la résolution du conflit israélo-palestinien. Dans un rapport conjoint paru le 14 février, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (EMHRN) et APRODEV soulignent néanmoins un défaut de cohérence de l'UE entre ses engagements officiels et ses actions sur le terrain dans les relations bilatérales avec Israël. Ils déplorent que l'UE ne joue pas un rôle plus actif et n'utilise pas tous les instruments de pression à sa disposition pour inciter davantage Israël à se conformer à ses obligations en termes de droit humanitaire international concernant les territoires occupés.

Pour l'EMHRN et APRODEV, la révision de la Politique européenne de voisinage (PEV) en mai dernier, suite aux révolutions arabes, donne à l'UE l'opportunité de revoir certaines conditions de son partenariat avec Israël et d'assurer que le droit international sera respecté dans ses relations avec l'État hébreu. La PEV offre aux pays partenaires voisins - dont fait partie Israël - la possibilité d'accéder au marché intérieur de l'Union à condition de s'engager dans le respect total des principes démocratiques et des droits de l'Homme.

Dans leur rapport, l'EMHRN et APRODEV appellent les institutions européennes à 1) promouvoir le respect du droit international et des droits de l'Homme comme condition à toutes avancées diplomatiques et économiques avec Israël ; 2) rapporter de manière systématique les violations d'Israël à l'égard du droit international dans les territoires occupés ; 3) renforcer la coopération avec les organisations de la société civile en leur conférant un rôle consultatif plus important.

Sur le plan économique, l'importation par l'UE de produits fabriqués au sein des colonies israéliennes fait polémique depuis de nombreuses années. En effet, Israël ne fait pas de distinction entre les exportations provenant des territoires occupés et celles produites sur son propre sol, et qui bénéficient de droits de douane préférentiels. Pour pallier ce dysfonctionnement, l'UE et Israël ont alors décidé d'un commun accord en 2004 que des certificats d'origine, sur base du code postal, seraient apposés sur les marchandises israéliennes importées. Ici encore, la pratique fait défaut. Dans leur rapport, l'EMHRN et APRODEV dénoncent l'incapacité des fonctionnaires douaniers européens à inspecter efficacement les certificats d'origine des produits israéliens, laissant la porte ouverte aux importations illégales. Les deux associations préconisent
1) l'imposition de mesures restrictives pour les marchandises originaires des colonies et pour les compagnies exportatrices et importatrices ; 2) la mise en place d'un système d'étiquetage commercial efficace répondant à des lignes directrices précises. (SD/stagiaire)

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