Strasbourg, 15/02/2012 (Agence Europe) - Le militant syrien et blogueur Dany Abdul Dayem a exhorté mardi 14 février la communauté internationale à agir: « Nous avons besoin que vous agissiez, que vous fassiez quelque chose et que vous arrêtiez de parler », a précisé celui qui est surnommé 'the Voice of Syria' pour ses vidéos et témoignages télévisés en direct, rappelant que cela fait un an que des discussions ont lieu pour trouver une solution. « Nous ne sommes pas fatigués de l'armée syrienne mais du manque d'intervention de la communauté internationale », a-t-il expliqué. « Il est de la responsabilité de la communauté internationale d'arrêter la souffrance aussi vite que possible », a-t-il ajouté, précisant que la situation est inhumaine « et que personne ne fait rien contre cela ».
Expliquant que les Syriens ne se battent pas contre quelqu'un mais pour leur liberté, le militant a demandé à la communauté internationale de soutenir l'armée libre syrienne et la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne soulignant que cela permettrait d'avoir plus de déserteurs. Il a souligné qu'un grand nombre de soldats sont prêts à déserter mais ils ne le font pas car ils n'ont pas d'armes pour se battre. Pour lui, le groupe de contact pourrait être « le mieux que nous pourrions avoir en ce moment ».
Fawaz Tello, membre du Conseil national syrien, a lui aussi demandé à la communauté internationale de soutenir la révolution syrienne « de toutes les manières possibles ». « Avec des aides, de l'argent, et des armes aussi. Pourquoi les tueurs pourraient être armés et les personnes qui se font tirer dessus interdites de se défendre ? », a-t-il ajouté.
Revenant sur la situation à Homs, M. Dayem a fustigé les bombardements à l'aveugle, les snipers, les kidnappings de femmes et d'enfants, le viol de femmes, les meurtres, et le manque de médecins. « Il n'y a pas une famille qui n'ait pas perdu quelqu'un », a-t-il précisé.
Résolution à l'ONU et rencontre Juppé-Lavrov ce jeudi
Faute d'un consensus au conseil de sécurité, l'Assemblée générale des Nations unies se prononcera ce jeudi 16 février sur une résolution condamnant la répression. « Nous aurons demain [jeudi] un vote à l'Assemblée générale qui sera symbolique mais si nous avons plus de 130 ou 140 pays au monde qui disent "stop, le massacre ça suffit il faut maintenant appliquer le plan de la Ligue arabe", je pense que ce symbole aura de la force », a expliqué mercredi Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères. Selon un diplomate, le succès de la résolution ne réside pas dans son adoption, quasi acquise, mais dans le nombre de pays qui voteront pour. « Nous verrons si ce nouveau texte recueille plus ou moins que les 133 voix (sur 193 pays) recueillies par la première résolution adoptée le 19 décembre 2011 pour dénoncer les violations des droits de l'Homme (…) Ce sera la mesure du succès mais cette fois-ci le contenu est plus politique », a-t-il expliqué. Le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov, qui a rencontré mercredi son homologue néerlandais Uri Rosenthal, s'entretiendra ce jeudi avec Alain Juppé.
Principal soutien du régime du président Bachar al-Assad, la Russie a bloqué à deux reprises des résolutions au Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression sanglante en cours depuis près d'un an en Syrie. (CG)