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Bulletin Quotidien Europe N° 10554
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) portugal

Retour de la troïka au Portugal, sur fond de questions

Bruxelles, 15/02/2012 (Agence Europe) - Les créanciers internationaux du Portugal sont de retour à Lisbonne, depuis mercredi 15 février pour une nouvelle mission d'évaluation des efforts budgétaires et macro-économiques accomplis en échange d'une aide de 78 milliards d'euros débloquée en mai 2011. La 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) doit notamment se pencher sur la restructuration des entreprises publiques et les réformes en cours dans les domaines de la santé, de l'éducation et de la justice, indique l'AFP. Objectif: valider le versement d'une nouvelle tranche d'aide de 14,9 milliards d'euros.

Cette 3ème mission a commencé dans un climat plutôt positif. Les autorités portugaises ont en effet réussi à adjuger, mercredi, 3 milliards d'euros de bons du Trésor avec des taux en baisse et une demande supérieure par rapport aux dernières opérations similaires de janvier et début février. Mais la situation au Portugal soulève pourtant des questions sur un ajustement du programme portugais et une restructuration de la dette publique. Une conversation privée surprise entre M. Schäuble et Vitor Gaspar, la semaine dernière lors de l'Eurogroupe, a d'ailleurs donné du crédit à cette hypothèse, le ministre allemand des Finances ayant confié que l'Allemagne serait « disposée à un ajustement » du programme, une fois réglée la question grecque.

Les perspectives économiques au Portugal pour 2012 sont médiocres. Selon des estimations portugaises officielles, le PIB national a reculé de 1,3% au 4ème trimestre 2011 (2,7% en rythme annuel) et la contraction devrait être de l'ordre de 3% en 2012. Ces chiffres laissent penser que le pays ne sera pas en mesure de revenir sur les marchés en 2013. Moody's s'est justement servie de ces perspectives pour dégrader, lundi, la note du pays, observant « des faibles perspectives macroéconomiques du pays, qui vont continuer de peser sur la confiance déjà fragile des marchés ». « Une contraction économique plus profonde et plus longue que prévu », associée aux craintes d'un défaut grec, « vont probablement allonger la période au cours de laquelle le Portugal ne pourra accéder aux marchés », a tranché l'agence américaine de rating.

Mercredi, le New York Times a largement abordé la question d'une éventuelle restructuration de la dette portugaise, celle-ci pouvant atteindre 118% du PIB en 2013. M. Vitor Gaspar a estimé à nouveau que cette hypothèse était « hors de question », rapportent plusieurs médias portugais. Selon lui, une fois toutes les réformes mises en œuvre, la croissance reviendra en 2014 et permettra de réduire l'endettement. (SP)

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