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Bulletin Quotidien Europe N° 10547
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) fiscalitÉ

Une étude conforte les partisans de la TTF dans l'UE

Bruxelles, 06/02/2012 (Agence Europe) - Les avantages d'une taxe sur les transactions financières (TTF) dans l'UE dépasseraient notablement ses inconvénients, notamment par l'effet stabilisateur que la taxe aurait sur le marché. Ses détracteurs emploient souvent des arguments biaisés ou intéressés pour la qualifier d'inapplicable, mais son introduction réussie au niveau national par la France (les modalités ont été annoncées aujourd'hui) pourrait constituer un précédent très encourageant pour inciter ses partenaires à l'instaurer au niveau de l'UE. Telles sont les conclusions qui ressortent de la conférence de presse tenue lundi 6 février par la vice-présidente du Parlement européen et rapporteur sur la TTF, Anni Podimata (S&D, grecque), et par l'économiste Stéphany Griffith-Jones, co-auteur, avec Avinash Persaud, d'une étude sur l'impact de l'application de la taxe.

La proposition de la Commission concernant l'introduction d'une TTF dans l'UE va dans le bon sens, a jugé d'emblée Mme Podimata. L'application uniforme de cette taxe ferait contribuer plus équitablement le secteur financier au coût de la crise, elle réduirait la fragmentation du marché intérieur et encouragerait l'investissement dans l'économie réelle et, par là, la croissance et l'emploi. Autre avantage: elle découragerait les transactions nuisibles (surtout celles à haute fréquence) qui enlèvent des ressources à l'investissement productif et font croître les risques d'instabilité et de crise.

Ces arguments ont été repris par Mme Griffith-Jones: à un moment où les États doivent reconstituer leurs finances publiques et réduire leurs dettes, cette taxe procurerait des ressources (plus de 50 milliards d'euros) qui pourraient compenser la réduction d'autres taxes ou être affectées à la réduction des déficits et à l'investissement, particulièrement dans l'économie verte. Les arguments invoqués contre la taxe - la difficulté de l'appliquer ou les risques de contournement ou de délocalisation - sont, selon elle, de faux arguments contredits par le succès de taxes similaires (ex. le « stamp duty » britannique). Enfin, l'objection quant à son impact négatif sur la croissance est elle aussi contredite par l'effet stabilisateur que la taxe aurait sur le marché, évitant ainsi aux États de devoir réparer les dégâts causés par des crises induites par des prises de risque inconsidérées. (FG)

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