Bruxelles, 06/02/2012 (Agence Europe) - En marge de la Journée internationale de la tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines (MGF), ce 6 février, des ONG représentants les droits de l'homme et de l'égalité des genres demandent à l'Union européenne de mettre en œuvre ses promesses relatives à la lutte contre les MGF, et autres formes de violences à l'encontre des femmes, tel que cela a été établi en 2010 dans sa stratégie quinquennale pour promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes en Europe.
Depuis l'établissement de cette stratégie, peu d'actions « cohérentes » ou de « tentatives structurées » ont été entreprises au niveau européen pour lutter contre les violences faites aux femmes, dont la MGF est la forme la plus grave, déplorent Amnesty International et le lobby européen des femmes (EWL). Les ONG estiment que la première étape serait que tous les États membres signent la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, qui est ouverte aux signatures depuis mai 2011, et que moins de la moitié des pays de l'Union ont entériné à ce stade.
La mutilation génitale n'est pas un problème extérieur à l'UE, la pratique concerne 500 000 femmes ou filles dans l'Union, selon les estimations du Parlement européen. Dans la plupart des cas, les jeunes filles sont emmenées à l'étranger pendant leurs vacances d'été et sont alors forcées à subir ces mutilations. Mais parallèlement à cette pratique extrême, les violences faites aux femmes demeurent un phénomène répandu et structurel auquel chaque Européenne peut un jour être confronté au cours de sa vie, rappellent les ONG. « Nous savons tous que l'UE a les moyens de mettre fin aux violences faites aux femmes et de mettre en œuvre une stratégie garantissant que toutes les femmes ont le droit de vivre libre de toute violence ; qu'attendons nous donc ? », s'insurge Cécile Gréboval, secrétaire générale du lobby européen des femmes, à l'occasion de cette date clé. (MD)