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Bulletin Quotidien Europe N° 10547
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

L'Occident veut intensifier sa pression sur el-Assad

Bruxelles, 06/02/2012 (Agence Europe) - À la suite de l'échec du vote d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Syrie samedi 4 février, les Occidentaux et les pays de la Ligue arabe ont décidé de renforcer encore davantage leur pression sur le régime de Bachar el Assad. L'UE « va encore durcir les sanctions et nous allons essayer de faire monter cette pression internationale. Il y a bien un moment où le régime sera obligé de constater qu'il est totalement isolé et qu'il ne peut pas continuer », a souligné dimanche le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé. « Nous allons aider l'opposition syrienne à se structurer, à s'organiser », a-t-il ajouté.

«Face à la neutralité du Conseil de sécurité, nous devons redoubler d'efforts en dehors de l'ONU avec les alliés et partenaires qui soutiennent les droits du peuple syrien pour avoir un avenir meilleur», a déclaré la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, dont le pays devrait renforcer ses sanctions et qui a fermé, lundi, son ambassade en Syrie.

Les Occidentaux et la Ligue arabe pourraient mettre en place un organisme qui s'assurerait que les sanctions européennes et américaines, le soutien turc à l'armée libre syrienne et les activités de la Ligue arabe soient étroitement liés pour maximiser la pression sur Bachar el Assad.

Vetos russe et chinois. Ces décisions font suite à l'échec du vote d'une résolution au Conseil de sécurité, avec les vetos russe et chinois. Pour Moscou et Pékin, soutenir la fin du régime serait en fait d'intervenir dans une guerre civile.

La Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, a profondément regretté que le Conseil de sécurité n'ait pas été « en mesure d'apporter son soutien à l'appel de la Ligue des États arabes en faveur d'un processus politique ouvert à tous, qui serait conduit par les Syriens eux-mêmes et qui se déroulerait dans un climat exempt de violence ». Appelant « une nouvelle fois » les membres du Conseil à assumer leurs responsabilités, elle a précisé que « le moment est venu de parler d'une seule voix et d'exiger que le bain de sang cesse et de se prononcer en faveur d'un avenir démocratique pour la Syrie ». Pour le ministre des Affaires étrangères britannique William Hague, la Russie et la Chine « ont du sang sur les mains ».

Le Conseil national syrien (CNS), a qualifié cette décision d' « irresponsable », de « permis donné au régime syrien de tuer dans l'impunité ». Déçu, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a souligné que le vote « amoindrit le rôle des Nations unies et de la communauté internationale à un moment où elles doivent présenter un front uni.»

De son coté, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov a dénoncé les réactions « indécentes et presque hystériques », après les vetos. « Les déclarations hystériques ont pour but de dissimuler ce qui se passe, à savoir le fait qu'il y a plusieurs sources de violences en Syrie », a-t-il ajouté. M. Lavrov se rend ce mardi à Damas pour évoquer la mise en place rapide de « réformes démocratiques indispensables». (CG)

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