Bruxelles, 06/02/2012 (Agence Europe) - Le rapport Fisas sur la dimension européenne du sport, adopté en plénière du Parlement européen le 2 février, a suscité plusieurs commentaires au sein des différents groupes politiques (EUROPE n° 10545). Les conservateurs du groupe ECR (European Conservatives and Reformists) ont rappelé qu'ils étaient vivement opposés à toute référence au drapeau européen ou au logo de l'Union européenne lors de manifestations sportives de dimension internationale. Lors du vote en commission « éducation et culture », les conservateurs ont voté contre les dispositions du rapport qui rendaient cette démonstration obligatoire. Par conséquent, sous la pression des conservateurs, le texte adopté en plénière a ramené l'obligation de porter les couleurs européennes à une simple suggestion. Les conservateurs sont également opposés à l'idée d'imposer aux agents de joueurs d'avoir leur siège fiscal sur le territoire de l'Union. Selon eux, c'est aux États membres et aux organisations sportives de prendre une décision à ce sujet.
Pour la députée lettone Tatjana Zdanoka, de l'Alliance Libre Européenne (ALE), le rapport n'aborde pas certains problèmes d'ordre social, comme un allègement du fardeau fiscal pour les acteurs du sport les moins bien payés, en particulier pour les sportifs retraités. Elle aimerait également mettre davantage en valeur les sports traditionnels, une requête soutenue par l'ancien député ALE espagnol Oriol Junqueras.
Les députées françaises du PPE, Marie-Thérèse Sanchez-Schmid et Sophie Auconie, se sont félicitées du rapport qui reconnaît la valeur du sport comme facteur important de croissance économique. Mme Sanchez-Schmid appelle la Commission européenne à proposer pour le sport un budget spécifique et ambitieux. Elle se demande si l'enveloppe de 238 millions d'euros proposée pour le sport au sein du nouveau programme « Erasmus pour tous » est suffisante.
Pour la députée néerlandaise S&D Emine Bozkurt, les dispositions concernant la protection des sportifs mineurs est insuffisante. S'agissant des agents de joueurs, il faut des standards professionnels, un code de conduite assorti de sanctions, et une liste noire européenne pour protéger les jeunes joueurs de façon efficace. Quant aux mesures s'attaquant à la corruption et aux matchs truqués, celles-ci manquent de concret. Selon Mme Bozkurt, les fraudes dans le sport doivent être régies par le droit criminel. Par conséquent, les organisations sportives ont intérêt à travailler en étroite collaboration avec Europol et Eurojust afin d'intensifier la lutte. (IL)