Bruxelles, 24/01/2012 (Agence Europe) - Des cartels de drogues mexicains de plus en plus intéressés par le marché européen et opérant à travers les routes - déjà connues - des Balkans. Ces deux défis ont été identifiés mardi 24 janvier par le responsable régional américain (Europe et Afrique) de la Drug Enforcement Administration (DEA), Russel F. Benson, et par le directeur assistant des opérations d'Europol, Patrick Byrne, à l'occasion d'une rencontre avec la presse. Les deux hommes ont évoqué les dernières tendances en matière de trafic de drogues et les nouvelles menaces posées à la sante et à la sécurité des Européens.
Pour les deux hommes, le trafic de drogues constitue aujourd'hui l'activité criminelle la plus lucrative, ont-ils rappelé, le trafic de cocaïne représentant par exemple 38 milliards de dollars, a dit le représentant américain. Il a précisé que les groupes opèrent également en parallèle dans le trafic d'armes ou de cigarettes. La cocaïne reste par ailleurs la préoccupation principale des administrations ainsi que l'arrivée de nouvelles drogues de synthèse sur le marché, ont dit les deux hommes. Celles-ci sont d'ailleurs particulièrement difficiles à combattre, prenant la forme, dans certains pays, de substances légales vendues sur Internet par exemple, a poursuivi M. Benson. Les autorités s'attellent ainsi à lutter contre les substances composant ces drogues de synthèse, mais les organisations savent elles-aussi s'adapter, a dit M. Benson. La crise économique constitue en outre une autre menace, avec des consommateurs se tournant vers des drogues synthétiques moins chères.
Les routes de la drogue évoquées par les deux hommes sont diverses et se modifient toujours, ont-ils poursuivi. À côté des trajets déjà plus ou moins connus des autorités, le circuit Afghanistan-Afrique-Balkans (via la Turquie) puis marchés américain et européen, d'autres voies d'acheminement se sont développées, comme les routes Amérique du Sud-Europe par exemple, associant depuis quelque temps cartels mexicains et organisations criminelles issues des Balkans.
Dans tous ces pays, une coopération avec les autorités compétentes s'est également mise en place, la DEA disposant par exemple de points d'appui dans tout l'Afghanistan, a dit M. Benson, et Europol ayant un point de contact dans tous les pays des Balkans, a dit M. Byrne. Mais la lutte contre le trafic de drogues est loin d'être terminée, les trafiquants, par leurs méthodes changeantes, posant sans cesse de « nouveaux challenges » aux autorités, a dit Patrick Byrne.
Europol et la DEA s'attaquent d'ailleurs de plus en plus aux avoirs des groupes criminels, ont expliqué les deux hommes, les États-Unis comme l'UE surveillant la structure financière de ces groupes et procédant aux confiscations ou gel de leurs avoirs. « Étudier la richesse soudaine de tel ou tel trafiquant » et observer les opérations de blanchiment d'argent s'avèrent être des méthodes très « efficaces », a ajouté M. Byrne, Europol disposant à cet effet d'un bureau de recouvrement des avoirs. L'UE veut toutefois aller plus loin dans cette action et la Commission a été invitée à présenter une proposition législative sur le gel et la confiscation des avoirs des groupes criminels. Demandé de longue date par le Conseil, le texte devrait être présenté par la Commission en février et devrait tenter d'harmoniser les pratiques des États membres dans ce domaine, l'Italie et l'Irlande constituant aujourd'hui les pays les plus en pointe. Cette future législation sera d'ailleurs discutée par les ministres européens de l'Intérieur le 26 janvier à Copenhague, lors de la réunion informelle. (SP)