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Bulletin Quotidien Europe N° 10538
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SOCIAL - ÉDUCATION - CULTURE / (ae) Éducation/culture

Priorités de la présidence danoise au Parlement

Bruxelles, 24/01/2012 (Agence Europe) - Les ministres danois de l'Enfance et de l'Éducation, Christine Antorini, et de la Culture, Uffe Elbaek, ont présenté aux députés de la commission éducation et culture du Parlement européen leurs priorités dans leurs domaines respectifs. En matière d'éducation, le nouveau programme de la Commission européenne « Erasmus pour tous », présenté le 23 novembre par la Commission européenne et qui a pour ambition de prendre la relève des sept programmes actuels en matière d'éducation, suscite les craintes de plusieurs députés, qui craignent un amalgame entre les objectifs poursuivis par les programmes précédents. Ils demandent un appui de la part de la présidence danoise pour éviter l'homogénéisation. Du côté de la culture, l'accent a été mis sur une dimension plus internationale de la politique culturelle européenne et la croissance des industries culturelles et créatives, qui peuvent apporter une bouffée d'oxygène à l'économie en crise. Les discussions étaient dirigées par Doris Pack (PPE, allemande), fraîchement réélue comme présidente de la commission parlementaire.

Le nouveau programme « Erasmus pour tous » suscite de nombreuses questions, notamment à propos d'une bonne prise en compte de tous les aspects abordés par les programmes précédents. La ministre danoise veut aboutir à des conclusions sur le fond lors de la prochaine réunion des ministres de l'Éducation en mai, et laissera aux ministres des Finances le soin de se pencher sur le budget. Elle espère par ailleurs que le nom du programme ne monopolisera pas toute l'attention, vu le nombre de propositions intéressantes à étudier sur le fond. Évoquant la crise économique et financière, Mme Antorini met l'accent sur le chômage des jeunes, particulièrement élevé, et qui ne cesse d'empirer. L'éducation joue un rôle fondamental pour apprendre aux jeunes à se doter de nouvelles qualifications et à développer leur créativité, a-t-elle souligné. La présidence danoise tentera de développer un benchmark sur l'employabilité, comme la présidence polonaise l'a fait précédemment en matière de mobilité, en liant les deux éléments (employabilité et mobilité). L'objectif est de dresser un panorama de la situation dans les États membres et d'arriver, dans la mesure du possible, à un comparatif, qui tienne compte des spécificités nationales de chacun. Relevant que la question de la reconnaissance des compétences et des qualifications n'a pas été étudiée de manière approfondie depuis près de cinq ans, la ministre Antorini a l'intention d'y revenir dans les six prochains mois, étant donné l'importance que celles-ci revêtent pour l'employabilité des personnes. En matière de jeunesse, la présidence danoise s'attachera en particulier à deux aspects: 1) la participation des jeunes à la démocratie formelle (élections) ; 2) la participation des jeunes au travail volontaire. Elle se penchera d'autre part sur le développement des qualités créatives chez les jeunes.

Dans leurs questions, plusieurs députés ont émis des craintes à propos du nouveau programme « Erasmus pour tous ». « Ce programme est-il le bon ? » (Petra Kammerevert, S&D, allemande), « l'apprentissage tout au long de la vie ne devrait pas être dilué dans un programme plus vaste » (Santiago Fisas Ayxela, PPE, espagnol), « Pourquoi ne pas s'en tenir aux programmes existants ? » (Sabine Verheyen, PPE, allemande). Pour Morten Lokkegaard (ADLE, danois), « on doit se concentrer beaucoup plus sur le fond de ces programmes que sur le nom ». De nombreux députés ont, par ailleurs, demandé à la ministre danoise de ne pas déléguer la décision du budget à accorder au nouveau programme aux ministres des Finances, sans insister au préalable sur la nécessité de lui donner les fonds adéquats. « Si on laisse la considération aux financiers, on n'aura rien ! » a prévenu M. Lokkegaard. Pour Helga Trüpel (Verts/ALE, allemande), « Il faut intervenir davantage. Il faut que le Danemark adopte une approche plus courageuse ». « C'est la crise mais ils (les ministres des Finances) doivent aussi se pencher sur les investissements dans l'enseignement », a conclu Helga Trüpel. Pour rappel, la Commission européenne a proposé une hausse d'environ 70 % du budget pour 2014-2020 par rapport au budget actuel sur sept ans (2007-2013). Le chiffre de 19 milliards d'euros a été avancé. Parmi les autres interventions, citons celle de Hannu Takkula (ADLE, finlandais) sur l'exclusion des jeunes, un fléau qui doit être pris à bras le corps, dès le plus jeune âge.

Intervenant à son tour, le ministre danois de la culture Uffe Elbaek a mis en évidence le formidable potentiel de croissance des industries culturelles et créatives. Il s'est félicité du nouveau programme « Europe créative » pour la période 2014-2020, présenté par la Commission fin novembre, en même temps que « Erasmus pour tous », et qui sera capital pour établir un cadre sain. Lui aussi prévoit de déboucher sur un accord sur le fond, en mai prochain au Conseil des ministres. La présidence danoise mettra également l'accent sur le rôle de la culture dans les relations extérieures et poursuivra les discussions sur la numérisation du patrimoine culturel. En matière de sport, il faudra veiller à ce que le premier plan d'action adopté en mai soit mis en œuvre, a poursuivi M. Elbaek. L'intégrité dans le sport recueillera toute l'attention de la présidence, avec l'accent mis sur la lutte contre le dopage et le trucage des matchs.

Piotr Borys (PPE, polonais) a demandé à la présidence danoise de préserver l'autonomie du programme « Europe créative » et d'obtenir les ressources nécessaires pour ce programme. Certains députés ont également abordé la question de la protection des droits d'auteur, dans le cadre de la fermeture de Megaupload (Helga Trüpel) et d'un accès plus large à la culture, grâce aux nouvelles technologies (Sabine Verheyen). Pour Mme Verheyen, la dimension culturelle n'est pas suffisamment prise en compte dans le débat sur le droit d'auteur dans un environnement numérique. À cette question sensible, le Danemark mettra l'accent sur la problématique du vol des créations. Le potentiel de croissance des industries créatives est en péril si on ne balise pas les droits d'auteurs, a souligné M. Elbaek. Il faudra trouver un équilibre entre un accès libre et ouvert à la culture, et la rémunération des artistes. À propos de la dimension internationale de la culture,
M. Lokkegaard a mis en évidence l'importance d'intensifier les rapports avec la Chine. Cette dernière est favorable à une intensification des échanges culturels avec l'Europe. Enfin, selon Marco Scurria (PPE, italien), trois points méritent la priorité dans les discussions en matière de budget: 1) la défense et la restauration du patrimoine culturel européen ; 2) la place du sport dans « Erasmus pour tous » ; 3) la mise en valeur des activités de bénévolat.

En matière de sport, Ivo Belet (PPE, belge) a demandé à la présidence danoise une position claire sur la question du dopage et des matchs truqués, qui posent de véritables problèmes pour la crédibilité du sport. Il a également évoqué la question des agents de joueurs. Pour M. Fisas Ayxela, la lutte contre le trafic de produits dopants doit être lié à la lutte contre les stupéfiants en général, et nécessite pour ce faire une coopération renforcée entre les États membres. Outre le dopage et le trucage des matchs, il faudra poursuivre la lutte contre les discriminations en tous genres dans le sport (race, genre, orientation sexuelle) et encourager l'intégration sociale via le sport a poursuivi le député. (IL)

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