Bruxelles, 24/01/2012 (Agence Europe) - Le naufrage du Costa Concordia continue de faire des remous, jusque dans l'enceinte du Parlement européen. Les députés européens ont pressé de questions le commissaire européen en charge du transport, Siim Kallas, au sujet des règles applicables, et appliquées dans ce cas-ci, en matière de sécurité maritime, lors de sa participation à la réunion de la commission parlementaire transport et tourisme (TRAN), mardi 24 janvier. Le mot d'ordre du commissaire est « pas de panique »: « Nous n'attendons pas qu'un accident se produise, nous avons été à l'initiative de révisions politiques majeures et améliorons la législation relative à la sécurité en tant que mesures de précaution, nous faisons notre travail ». Le commissaire rappelle qu'à ce stade deux processus sont en cours: la mise à jour régulière des règles en matière de sécurité maritime (EUROPE n° 10536) et la poursuite de l'enquête sur les causes du naufrage. Les parlementaires, toutes fractions confondues, le concèdent, rien ne peut véritablement être entrepris à ce stade tant que les résultats de l'enquête ne sont pas connus. Des interrogations demeurent néanmoins dans le chef des députés: peut on réguler la distance de navigation par rapport à la côte, qu'en est-il des compensations, des normes de sécurité et de formation minimales (Debora Serracchiani, S&D, italienne), des droits des passagers (Gesine Meissner, ALDE, allemande), ou encore qui supportera les coûts de la pollution au pétrole et autres produits chimiques (Eva Lichtenberger, Verts-ALE, autrichienne) ? Le commissaire s'est borné à rappeler que près de 4000 personnes avaient pu être sauvées grâce à des procédures et des équipements de sauvetage mis en place, et que des mesures avaient été prises pour les grands bateaux ; dès lors la taille seule du bâtiment n'expliquerait pas tout. Quant aux compensations, Siim Kallas n'a pas manqué de rappeler qu'un bon nombre d'États membres n'avaient pas encore ratifié la Convention d'Athènes, ce qui prive les rescapés et les familles des victimes de compensations (jusqu'à 21 000 euros). Les indemnités seront effectuées sur base du droit italien. Enfin, le commissaire a fait appel au soutien des députés lorsqu'il sera question d'approuver les modifications des législations européennes en matière de sécurité maritime que la Commission européenne entend présenter dans l'année.
À l'occasion de l'intervention du commissaire commission devant le TRAN, le Conseil européen des croisières (ECC) lui a adressé une lettre rappelant l'engagement de l'industrie pour la sécurité des passagers de croisières. Le président de l'association et de Silversea Cruises, Manfredi Lefebvre d'Ovidio y stipulait qu' « en fonction des détails qui ressortiront à propos de l'accident du Costa Concordia, nous examinerons de près les changements qui doivent être apportés pour continuer à améliorer la sécurité des bateaux de croisère. Et s'il semble clair que des mesures correctives sont nécessaires, nous travaillerons en étroite collaboration, en tant qu'industrie, avec les régulateurs pour s'assurer que les mesures recommandées par le législateur sont rapidement adoptées et appliquées ». Il a également fait savoir au commissaire que bon nombre des membres de l'association avaient déjà engagé des experts pour réaliser une revue en interne de leur procédures d'urgence et de sécurité, afin de mettre en œuvre des actions adéquates, si nécessaire, à la lumière des résultats. (MD)