Bruxelles, 24/01/2012 (Agence Europe) - L'Iran a qualifié, lundi 23 janvier, de « guerre psychologique » l'embargo de l'Union européenne contre son pétrole, décidé le même jour. « Les sanctions de l'UE contre le pétrole iranien constituent une guerre psychologique. Imposer des sanctions économiques est illogique et injuste mais cela n'empêchera pas notre nation de faire prévaloir ses droits », a réagi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast. « Les pays européens (…) devraient réfléchir à leurs propres intérêts. Tout pays se privant de l'accès au marché énergétique iranien verra bientôt sa place prise par d'autres », a-t-il ajouté. Selon le vice-ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, plus les pays occidentaux adopteront de sanctions contre l'Iran, « plus il y aura d'obstacles à surmonter pour résoudre la crise », au sujet de son programme nucléaire.
Des députés iraniens ont souligné que l'embargo est inapplicable et l'ont qualifié de « propagande ». L'ancien ministre du Renseignement, Ali Falahian, a appelé à des mesures de rétorsion contre les Européens, proposant de cesser les exportations de pétrole avant le 1er juillet, fin de la période de transition. Le vice-président de la commission des Affaires étrangères du parlement iranien Mohammad Kossari a brandi la menace de la fermeture du détroit d'Ormuz. « Si les ventes du pétrole iranien sont perturbées, le détroit d'Ormuz sera certainement fermé », a-t-il déclaré.
La Russie a aussi exprimé, lundi, ses « regrets et inquiétudes » face à cet embargo. « Il est évident que ce qui se passe ici est une pression ouverte et un diktat, une tentative de 'punir' l'Iran pour son comportement rebelle », a souligné le ministère des Affaires étrangères. « C'est une ligne profondément erronée. (…). Sous une telle pression l'Iran n'acceptera pas de concessions ni de changement dans sa politique », a-t-il ajouté. (CG)