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Bulletin Quotidien Europe N° 10538
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

La PAC vieille de 50 ans face aux nouveaux défis

Bruxelles, 24/01/2012 (Agence Europe) - À l'occasion de la cérémonie marquant le cinquantenaire de la politique agricole commune (PAC), José Manuel Barroso a déclaré lundi 23 janvier que cette politique « est sans conteste l'une des très grandes réussites de la construction européenne ». Le président de la Commission européenne a admis que cette politique faisait depuis toujours l'objet de débats passionnés surtout en période de discussions budgétaires. Il s'est dit convaincu que la campagne de communication lancée à l'occasion de ce cinquantième anniversaire permettra à un grand nombre de nos concitoyens d'aller « au-delà des chiffres voire de certaines idées préconçues et de mieux découvrir ce que je constate à chacun de mes moments avec le monde agricole ; c'est-à-dire à la fois la force des réalisations concrètes menées grâce à la politique agricole, mais aussi tout le potentiel remarquable du secteur agricole et son dynamisme ».

Au cours de ces cinquante dernières années, la PAC a beaucoup évolué. « C'est même certainement l'une des politiques européennes qui a connu le plus de réformes pour s'adapter à chaque fois avec succès aux nouveaux enjeux de réalités socio-économiques changeantes. Elle a permis de moderniser en profondeur notre agriculture européenne », a déclaré M. Barroso. Et alors que nous devons aujourd'hui répondre à de nouveaux défis dans un contexte économique difficile, « la PAC reste plus que jamais l'un de nos grands atouts ».

Il a ajouté que l'Europe a besoin d'une PAC « modernisée qui soit forte, compétitive, innovante et verte pour répondre aux attentes des Européens en matière d'approvisionnement alimentaire et de santé, mais aussi pour mieux affronter la concurrence internationale et contribuer pleinement à la lutte contre le changement climatique et à la gestion durable des ressources naturelles ». Une PAC réformée jouera un rôle de toute première importance non seulement dans le soutien à la croissance, mais plus concrètement pour le soutien à l'emploi. C'est dans cet esprit que la Commission européenne a notamment proposé le doublement des financements communautaires pour la recherche et l'innovation dans le secteur agro-alimentaire européen, a rappelé M. Barroso. L'Europe peut être fière de cette politique, a conclu M. Barroso.

Dacian Ciolos, le commissaire à l'Agriculture, a estimé que, depuis 50 ans, la PAC a permis de « nouer une relation forte entre l'Europe et les agriculteurs, un partenariat entre les citoyens européens et leurs agriculteurs ». Les agriculteurs sont moins nombreux, mais ils sont toujours aussi importants pour notre société. Les agriculteurs répondent aux attentes des consommateurs, avec des produits alimentaires qui sont les plus contrôlés au monde, mais ils sont aussi au service des citoyens qui veulent des espaces naturels bien utilisés, des ressources naturelles saines, a rappelé le commissaire. L'Europe agricole est face à des défis considérables: développer la production, attirer des jeunes agriculteurs, surmonter les pressions sur les ressources naturelles qui sont des outils de production pour les agriculteurs et des biens publics essentiels pour les citoyens. « Face à ces défis, il n'y a pas de solution toute faite. Nous devons mettre en valeur la diversité de l'agriculture. La science, la recherche, l'innovation doivent être au service du travail concret des agriculteurs dans les champs. Pour y parvenir, et défendre une agriculture forte, le moment est venu de réécrire le partenariat noué entre la société et les agriculteurs », a défendu Dacian Ciolos. Il a ajouté que ce partenariat doit: - permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail (il faut donc que l'UE soutienne le revenu agricole) ; - encourager les agriculteurs à investir, promouvoir la formation, mettre en valeur, promouvoir les produits de qualité ; - encourager et soutenir les agriculteurs pour qu'ils puissent mieux s'organiser et travailler en commun. Il faut donc selon le commissaire « avancer vers une politique agricole renouvelée, avec un nouveau partenariat ».

Mette Gjerskov, la ministre danoise de l'Agriculture, et présidente en exercice du Conseil, a rappelé que la PAC traite de sujets qui nous affectent tous: aliments, emplois et croissance économique, environnement, climat, bien-être des animaux…Elle a signalé que la PAC fut un des sujets importants qui ont incité les Danois à voter oui au référendum sur l'adhésion du Danemark à l'UE. La PAC s'est développée au cours des années, pas seulement en termes de production d'aliments, mais aussi en ce qui concerne notre responsabilité envers la nature et l'environnement. « Nous écrivons un nouveau chapitre dans l'histoire de la PAC », a déclaré Mette Gjerskov, qui a insisté sur le besoin d'un chapitre 'plus vert' (écologique), ce qui veut dire plus d'accents sur les aspects environnementaux, le climat, le développement, les emplois, la sûreté alimentaire (Food safety) et le bien-être des animaux. « La PAC doit continuer à aller dans cette direction », a-t-elle dit, avant d'estimer que la PAC a un avenir vert: promouvoir la croissance verte, produire des aliments de haute qualité sans mettre en péril la nature. La PAC « doit faire partie de la solution pour répondre aux défis économiques que l'Europe doit relever », a-t-elle conclu, en insistant sur le besoin de privilégier l'innovation et la recherche dans les technologies vertes et d'utiliser l'agriculture pour promouvoir la croissance.

Paolo De Castro, le président de la commission de l'agriculture du Parlement européen, a rappelé que la PAC a fait l'objet de différentes réformes radicales. Grâce à ces réformes, la PAC est non seulement une politique économique, mais encore une politique environnementale et rurale. La PAC aujourd'hui pollue bien moins et fournit aux citoyens des produits plus sûrs qu'avant ainsi qu'une contribution importante à la performance du secteur agro-alimentaire, a dit Paolo De Castro. Il a défendu une PAC « forte, capable de produire plus et de polluer moins ». La réforme de la PAC après 2013 devra fournir une réponse aux défis à relever par l'UE. « Nous avons la responsabilité de construire la PAC de l'avenir, et il faut exploiter pleinement la contribution des millions d'agriculteurs européens pour relever les défis de nos sociétés », a-t-il conclu.

Par ailleurs, dans un communiqué de presse, le COPA-COGECA a salué le cinquantième anniversaire de la PAC. Gerd Sonnleitner, le président du COPA, a souligné que la PAC est la « colonne vertébrale » des zones rurales de l'UE. Elle est parvenue, selon lui, à atteindre ses objectifs consistant à fournir des denrées alimentaires « de grande qualité à des prix raisonnables pour les 500 millions de consommateurs que compte l'UE ». Toutefois, les recettes que les agriculteurs tirent du marché sont en chute libre, a-t-il noté, « d'une part parce que nous ouvrons nos marchés à des importations qui ne répondent pas aux exigences élevées de l'UE, d'autre part parce que les agriculteurs ont affaire au pouvoir d'achat colossal de quelques supermarchés ». Les revenus des agriculteurs ne représentent que la moitié des revenus moyens dans les autres secteurs. À la lumière de ces éléments, ainsi que de la volatilité accrue des marchés, de la rareté des ressources et de la demande alimentaire mondiale croissante, « la prochaine réforme de la PAC doit être utilisée afin de renforcer le rôle économique que jouent les agriculteurs quand il s'agit de fournir des denrées alimentaires, et ce, afin de s'assurer une future PAC dynamique, innovante et rentable ainsi qu'un secteur agroalimentaire florissant », souligne M. Sonnleitner.

Paolo Bruni, président de la COGECA, a jugé « crucial » que la réforme renforce la position des organisations de producteurs (comme les coopératives) au sein de la chaîne alimentaire pour répondre à la demande alimentaire mondiale croissante et garantir un secteur agroalimentaire européen compétitif. Les règles de la concurrence doivent également être ajustées selon lui, afin de permettre aux coopératives de croître. (LC)

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