Bruxelles, 01/12/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen a approuvé, jeudi 1er décembre, le compromis atteint (le 18 novembre dernier) avec le Conseil sur le projet de budget de l'UE pour 2012. La hausse, l'an prochain, des crédits de paiement par rapport au budget 2011 est très limitée (+1,86%), et le budget 2012 est même en baisse par rapport à 2011 si l'on tient compte de l'inflation prévue de 2%. Le budget global pour l'année prochaine s'élèvera à 129,1 milliards d'euros (+1,86%) pour les paiements et à 147,2 milliards d'euros (+3,8%) pour les engagements.
D'après le président de la commission des budgets du PE, Alain Lamassoure (PPE, français), l'accord obtenu permet de combiner deux objectifs apparemment contradictoires: « D'une part, réduire les dépenses de fonctionnement et, d'autre part, préserver les dépenses d'avenir indispensables pour soutenir aujourd'hui l'activité économique et pour assurer la compétitivité de demain ». Il estime toutefois qu'il faut tirer de ce résultat deux enseignements: « Nous ne pouvons pas continuer à négocier à l'envers, en partant des crédits de paiement, alors que les choix politiques se traduisent par des crédits d'engagement ». Le Parlement souhaite que les trois institutions travaillent dans les mois qui viennent pour faire un point précis de la consommation exacte des crédits. Pour que l'examen du budget 2013 soit éclairé par une information complète et « qu'on ne débouche pas sur une nouvelle décision de gel » des crédits, a dit M. Lamassoure. Deuxième enseignement: la preuve en est faite, « nous ne pouvons plus financer le budget européen par les contributions nationales ». Pour le Parlement, « il n'y aura pas d'accord sur le prochain cadre financier sans un accord politique sur le retour au financement par des ressources propres », a-t-il lancé.
Le rapporteur Francesca Balzani (S&D, italienne) a salué l'adoption des priorités du Parlement par les États membres. Mais elle a également averti que le niveau des paiements convenu pourrait ne pas être suffisant pour payer toutes les factures de l'année prochaine. José Manuel Fernandes (PPE, portugais), rapporteur sur les dépenses administratives (un peu moins de 6% du budget total), a estimé que l'accord constitue « un juste équilibre entre l'austérité et les besoins ». Il a souligné que les budgets administratifs des différentes institutions vont augmenter d'environ 1% seulement, ce qui correspond à une réduction en termes réels.
Le commissaire au Budget, Janusz Lewandowski, a averti que le niveau des paiements convenu pourrait s'avérer trop faible. « Nous avons à réfléchir à notre procédure budgétaire annuelle, surtout à la fin d'un cadre financier pluriannuel. Pour l'instant j'ai confiance dans la déclaration conjointe signée par les États membres », a-t-il dit. L'accord prévoit notamment 100 millions d'euros en 2012 pour financer le projet ITE (recherche sur la fusion nucléaire). Un montant beaucoup plus important sera nécessaire pour financer l'ensemble des coûts supplémentaires de ce programme dans les années à venir. Parmi les bons résultats engrangés par le PE figurent: - la hausse par rapport à la proposition initiale de 160 millions d'euros des crédits dédiés à la stratégie EUROPE 2020 (dont +52 millions pour l'apprentissage tout au long de la vie) ; - la mobilisation de l'instrument de flexibilité à hauteur de 200 millions (dont 150 millions en rubrique action extérieure pour la politique européenne de voisinage). (LC)