Bruxelles, 01/12/2011 (Agence Europe) - Parmi les 27 États membres de l'UE, 7 ont refusé jeudi 1er décembre toute forme de compromis autour de la proposition de la Commission européenne de proroger de deux ans l'action du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation dans le cadre des conséquences de la crise financière. Le projet initial, présenté par le commissaire Laszlo Andor (Emploi et Affaires sociales), prévoyait de proroger cette dérogation particulière au fonctionnement du FEM du 31 décembre 2011 au 31 décembre 2013, ainsi que de relever le taux de cofinancement de 50 à 65%. Malgré des appels répétés au maintien cette dérogation qui existe depuis 2009, pour cause de crise financière continue et comme une illustration de la solidarité européenne, l'Allemagne, suivie par plusieurs États, a été le catalyseur des opposants à la prorogation.
« L'UE ne doit pas détourner les États de leur propre responsabilité », a déclaré le représentant allemand au Conseil. Il a rappelé également que le rôle du Fonds avait été détourné de ce qui avait été prévu initialement, c'est-à-dire de gérer les conséquences de la mondialisation des marchés et non de combattre les causes de la crise financière et maintenant celles des dettes souveraines. Par ailleurs, l'Allemagne, tout comme la Slovaquie et le Royaume-Uni, a décrit le fonctionnement du FEM comme étant peu efficace et ayant encore moins de valeur ajouté par rapport au moyen financier utilisé. Le ministre tchèque a ajouté que d'autres mesures, comme des réformes structurelles, étaient aujourd'hui plus urgentes a adopter et que les interventions du Fonds social européen pouvaient très bien remplir le rôle joué actuellement par le FEM. Afin de trouver un compromis, plusieurs États ont soutenu la proposition faite par la Finlande. Ce compromis prévoit de proroger le FEM jusqu'à la fin de 2012, avec un taux de 65%. À mi parcours de cette prorogation, une évaluation serait proposée pour approuver ou non l'existence du Fonds en 2013. Après une certaine confusion, la présidence polonaise souhaitant remettre la question à début janvier sous présidence danoise, un vote à mains levées a confirmé l'absence de majorité suffisante, que ce soit pour la proposition initiale ou le « compromis finlandais ». « C'est une grande déception et je reste incrédule », a déclaré le commissaire Andor, après le Conseil. (JK)