Bruxelles, 01/12/2011 (Agence Europe) - La Finlande, le Danemark et la Suède sont les bons élèves de l'UE en matière de corruption, selon l'indice de perception du phénomène publié le 1er décembre par l'ONG Transparency International, les plaçant à la 2ème place mondiale (après la Nouvelle-Zélande). La Bulgarie, en revanche, dont la candidature à l'adhésion à l'espace Schengen, avec celle de la Roumanie, fait toujours débat au sein des États membres, arrive elle en toute dernière position du club des 27. Quant à la Grèce et à l'Italie, frappées par la crise de la dette, elles font elles aussi figure de cancres, indique l'ONG, la corruption rampante y aggravant justement la crise.
Portant sur 183 pays au total, l'étude 2011 de Transparency International s'appuie sur les données collectées auprès de 17 institutions internationales, dont la Banque mondiale, les banques asiatique et africaine de développement ou encore le Forum économique mondial et attribue un indice situé entre zéro et dix, dix étant le niveau de corruption perçu comme le plus élevé. L'ONG s'est notamment attachée, pour réaliser son étude, au sentiment de la population vis-à-vis des détournements des ressources publiques, des pots-de-vin ou encore de la gouvernance et des prises de décisions tenues secrètes, écrit-elle dans un communiqué, les nombreuses manifestations contre l'austérité ou les difficultés économiques lui ayant donné par ailleurs de sérieux arguments. Car, pour l'ONG, la corruption aggrave clairement la crise de la dette dans les pays de la zone euro, surtout en Italie qui se range à la 69ème place (une note de 3,9 sur 10) et en Grèce, pointant elle à la 80ème place, avec 3,4 (la Bulgarie est 86ème avec 3,3). Des mauvais scores qui s'expliquent directement par « l'échec des autorités à empêcher la pratique des pots-de-vin et l'évasion fiscale, facteurs clés de cette crise », dit Transparency. Pour autant, les pays de la zone considérés comme les plus solides ne sont pas les meilleurs sur ce front, l'Allemagne se situant par exemple à la 14ème place, après les Pays-Bas ou le Luxembourg et la France pointant à la 25ème place du classement, après la Belgique ou l'Irlande, situées elles à la 19ème place.
Autre préoccupation de l'ONG: les mauvaises notes des pays ayant fait le Printemps arabe, la plupart d'entre eux réalisant de mauvais scores. Ainsi si la Tunisie arrive au 73ème rang (avant la Grèce), l'Égypte arrive par exemple au 112ème rang et la Libye, au 168ème. Des résultats que l'ONG avait déjà anticipés avant les bouleversements politiques, en notant l'ancrage profond « dans la vie quotidienne » du népotisme, des pots-de- vin ou du clientélisme, poursuit-elle dans son communiqué, et qui peuvent également s'expliquer par la faible connaissance (voire l'ignorance) des concepts « anti-corruption » au sein des administrations, du secteur privé ou de la population.
À noter également dans cet indice, la place peu reluisante de la Russie ou du Bélarus, placés au 143ème rang, comme de l'Ukraine, située elle à la 152ème place. La Somalie et la Corée du Nord ferment la marche, pointant à égalité à la 182ème place. (SP)