Bruxelles, 01/12/2011 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept, « préoccupés par le programme nucléaire iranien et par l'absence de progrès dans les efforts diplomatiques », ont décidé de renforcer, jeudi 1er décembre, les mesures restrictives contre l'Iran, en gelant les avoirs et les ressources économiques et en interdisant de visas dans l'UE 37 personnes et 143 entités supplémentaires. Ces personnes ou entités sont directement associées aux activités nucléaires de l'Iran, font partie ou sont liées à la Compagnie de transport maritime de la République islamique d'Iran ou au Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran. La liste des entités et personnes désignées sera officiellement publiée vendredi 2 décembre.
Les ministres se sont aussi mis d'accord pour « étendre les sanctions existantes » en étroite collaboration avec les partenaires internationaux. Ils ont demandé aux groupes de travail d'élaborer de nouvelles mesures adoptées « au plus tard au prochain Conseil des Affaires étrangères », qui devrait avoir lieu le 30 janvier 2012. Ces mesures auraient pour objectif d' «affecter sérieusement » le système financier iranien, le secteur du transport, le secteur énergétique, le Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran, entre autres. L'UE a « décidé de travailler sur des sanctions plus dures et sans précédent sur les secteurs financier et pétrolier » a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, à l'issue du Conseil. Paris, Londres et Berlin sont favorables à un embargo sur le pétrole mais, très dépendante de ce pétrole, « la Grèce a émis un certain nombre de réserves », a reconnu M. Juppé. Il a précisé qu'il est possible de travailler avec les différents partenaires pour que l'interruption des livraisons de l'Iran puisse être compensée par l'augmentation de la production dans d'autres pays. Favorable à la mesure, son homologue suédois, Carl Bildt, s'interroge cependant sur « l'impact » réel d'une telle mesure.
Le Conseil a aussi souligné qu'il soutenait « fortement » la résolution du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique « qui souligne des inquiétudes profondes » sur les activités nucléaire de l'Iran. Il a aussi réaffirmé la volonté de l'UE de travailler pour une solution diplomatique sur le problème du nucléaire iranien avec la double approche: sanctions et dialogue. À ce sujet, la Haute représentante Catherine Ashton a précisé, lors de sa conférence de presse, que l'Iran n'a toujours pas répondu à sa lettre.
En outre, « scandalisés », les ministres ont « fortement condamné » l'attaque de l'ambassade du Royaume-Uni à Téhéran par des manifestants iraniens, mardi 29 novembre. Ils ont déploré la décision de l'Iran d'expulser l'ambassadeur britannique à la suite du renforcement des mesures de Londres contre le pays. « Le Conseil considère ces actions contre le Royaume-Uni comme des actions contre l'Union européenne dans son ensemble. L'UE prend les mesures appropriées en réponse », ont-ils souligné. La Haute représentante a précisé que ces mesures sont, selon les États membres, des déclarations de soutien au Royaume-Uni ou encore le rappel pour consultation de leurs ambassadeurs à Téhéran, comme l'ont fait la France, l'Allemagne et les Pays-Bas et auquel réfléchit l'Italie. « Nous avons décidé de coordonner nos décisions de rappel de nos ambassadeurs. Cela a déjà été fait pour la France », a précisé M. Juppé, à l'issue du Conseil. (CG)