Bruxelles, 01/12/2011 (Agence Europe) - L'UE est prête à envisager des exemptions pour le projet de gazoduc South Stream, mais elle attend plus d'informations côté russe.
Apaisement en vue dans la querelle entre Bruxelles et Moscou sur le 3ème paquet législatif pour la libéralisation du marché intérieur du gaz: Günther Oettinger n'exclut pas des exemptions pour le projet italo-russe de gazoduc South Stream, rival du projet paneuropéen Nabucco. « Des modifications de la législation européenne existante, le 3ème paquet, ne sont pas souhaitables et sont irréalistes. Il existe toutefois un large éventail de possibilités pour l'introduction d'exemptions de long terme ou l'assouplissement des conditions pour des projets individuels », a assuré le commissaire à l'Énergie, à l'issue d'une réunion avec le ministre russe de l'Énergie Sergei Shmatko, jeudi 1er décembre à Moscou. « Nous n'avons pas d'idée précise pour le moment, nous attendons plus d'informations. Ensuite, nous verrons comment combiner cela avec quelques exceptions », a-t-il ajouté. MM. Oettinger et Shmatko ont donc convenu à cet effet de la tenue d'une réunion, début 2012, au niveau des experts. L'idée étant de « trouver une solution mutuellement acceptable », selon M. Oettinger.
Élément clé du 3ème paquet pour démanteler les monopoles et garantir la concurrence sur le marché, la séparation patrimoniale (ownership unbundling) des activités d'approvisionnement de celles de transport des opérateurs énergétiques verticalement intégrés met à mal le gazier russe Gazprom, qui cherche à étendre ses opérations de distribution et de réseau dans le marché intérieur de l'UE.
La Russie veut aussi gagner le soutien de l'UE au projet de gazoduc South Stream, que Gazprom pilote avec l'énergéticien italien ENI, destiné à acheminer le gaz russe en Europe du Sud à travers la mer Noire. Moscou aimerait en particulier obtenir pour ce gazoduc le statut de réseau transeuropéen d'énergie. « La Commission est disposée à considérer l'octroi du statut de RTE pour South Stream après avoir reçu des détails sur l'itinéraire emprunté et les volumes d'approvisionnement », a assuré M. Shmatko, cité par l'agence Platts.
D'une capacité de 63 milliards de m³ par an, South Stream doit relier, sous la mer Noire, la Russie à la Bulgarie et atteindre, par deux ramifications, l'Italie et l'Autriche. Le tracé définitif n'est pas encore décidé à ce stade, mais la Russie a signé des accords intergouvernementaux avec l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, la Grèce, la Hongrie, la Serbie et la Slovénie. (EH)