Bruxelles, 25/11/2011 (Agence Europe) - Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn soutient le programme économique italien que le gouvernement de coalition de Mario Monti entend appliquer pour restaurer la confiance sur les marchés et relancer la croissance. L'Italie dispose des « atouts » nécessaires tels que « des fondamentaux économiques sains, un secteur privé dynamique et un secteur financier solide » pour surmonter les « immenses défis » auxquels le pays fait face, a-t-il déclaré vendredi 25 novembre à Rome à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre italien Mario Monti.
Selon M. Rehn, les mesures envisagées par le gouvernement italien sont « les bonnes » et le fort soutien du parlement national dont celui-ci jouit contribuera à leur activation rapide. Il a endossé le triptyque consolidation budgétaire/mesures structurelles/équité sociale sur lequel reposera le programme économique. En bon technicien du football, il a plaidé pour que l'Italie échafaude un solide « catenaccio » défensif en matière d'assainissement des finances publiques, en louant l'engagement renouvelé des autorités italiennes à retrouver l'équilibre budgétaire dès 2013. L'Italie doit aussi jouer « un football total » particulièrement « offensif » sur le volet des réformes structurelles afin d'offrir « davantage et de meilleurs emplois pour les jeunes Italiens », a estimé le commissaire. Parmi les mesures vues d'un bon œil par la Commission, il a évoqué une réforme du système des retraites et du marché du travail, la libéralisation de certaines professions, la promotion de la mobilité des employés du secteur public ainsi qu'une accélération du système judiciaire civil.
M. Rehn a indiqué qu'il ferait rapport, lundi 28 novembre, à l'Eurogroupe, sur les entretiens tenus ce vendredi avec le gouvernement italien et sur la base de la première mission de suivi de la Commission européenne, conformément au mandat reçu du Conseil européen fin octobre (voir autre nouvelle).
Combien de temps l'Italie pourra-t-elle tenir avec des coûts d'emprunt à long terme aussi élevés ? L'évolution des taux d'intérêt appliqués à la dette italienne est certainement « inquiétante », a reconnu M. Rehn. Ce « phénomène de plus en plus systémique », qui a commencé par toucher les pays périphériques puis se propage au cœur de l'Eurozone, se traduit en Italie par « un impact négatif » sur le secteur financier et l'économie réelle. Il nous contraint à finaliser au plus vite l'optimisation du Fonds européen de stabilité financière (FESF), a-t-il ajouté. Il a rappelé la position de la Commission favorable à une anticipation de l'entrée en vigueur, dès « 2012 », du Mécanisme européen de stabilité afin de dresser des « pare-feux suffisamment puissants » pour enrayer la contagion de la crise de la dette souveraine. L'Italie a dû payer au prix fort, vendredi, une émission d'obligations souveraines. Elle a levé 8 milliards de titres à 6 mois à un taux de 6,5 %, soit nettement plus que les 3,5 % payés fin octobre. Tandis que des obligations à 2 ans ont été adjugées à un rendement record de 7,8% après 4,6% lors de la dernière émission similaire. (MB)