Bruxelles, 25/11/2011 (Agence Europe) - Les députés européens appellent à plus d'efficacité dans la chaîne d'approvisionnement en intrants agricoles, de manière à réduire les dépenses des exploitants et l'impact sur l'environnement.
La commission de l'agriculture du Parlement européen a approuvé, mercredi 23 novembre, à une très large majorité (30 voix pour, 1 voix contre et 2 abstentions), le rapport de José Bové (Verts/ALE) sur la chaîne de distribution des intrants agricoles. Le vote de ce rapport au Parlement européen aura lieu lors de la plénière de janvier ou février 2012.
Selon Eurostat, les coûts des intrants (énergie, engrais, pesticides, semences, alimentation animale...) des agriculteurs de l'Union ont grimpé en moyenne de près de 40 % entre 2000 et 2010, contre moins de 25 % pour les prix au départ de la ferme. Face à cette situation, la commission de l'agriculture du Parlement européen recommande notamment une meilleure utilisation des ressources disponibles, des intrants agricoles (grâce à la recherche) ainsi que des outils permettant d'accroître la transparence sur la formation des prix de ces intrants.
Les eurodéputés estiment que la concentration du marché des fournisseurs d'intrants est très élevée: six entreprises contrôlent près de 75 % du marché des produits agrochimiques et trois entreprises contrôlent plus de 45 % du marché des semences. Cette concentration a pour conséquence de maintenir élevés les prix des semences. Les députés demandent donc aux autorités nationales et européennes chargées de la concurrence de s'attaquer aux abus de position dominante dans ce secteur, mais aussi dans ceux de la distribution et du commerce, et d'appliquer strictement la législation antitrust de l'UE.
Semences. Le coût des semences a progressé de près de 30 % depuis 2000, en partie à cause du coût élevé des semences certifiées et de l'utilisation réduite de semences récupérées à la ferme, qui, pourtant, sont sensiblement moins cher et déjà adaptées aux conditions particulières de chaque région, font également valoir les parlementaires. Ceux-ci appellent la Commission européenne à maintenir la possibilité pour les agriculteurs d'employer des semences de ferme lors de la prochaine révision de la législation relative aux droits sur les variétés de plantes. Ils préconisent parallèlement un examen juste et équilibré du régime des droits d'obtention végétale et des restrictions actuelles sur l'utilisation des semences récupérées à la ferme.
Pour atténuer le changement climatique et améliorer la qualité du sol et de l'eau, la commission parlementaire préconise l'instauration après 2013 de mesures efficaces telles que la diversification et la rotation des cultures, qui, selon elle, aideraient aussi les exploitants à réduire leurs dépenses d'intrants.
Les députés demandent également de meilleurs systèmes d'irrigation et d'accumulation des eaux destinées à l'agriculture. (LC)