Varsovie, 25/11/2011 (Agence Europe) - « Le migrant, même s'il est en situation irrégulière sur un territoire, a des droits. Le passeport pour accéder aux droits humains, c'est la naissance. La notion de citoyenneté ne rentre pas en compte ». Avec ces mots, Morten Kjaerum, le directeur du FRA, l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne, a résumé l'essence de la conférence de Varsovie « Dignité et droits des migrants en situation irrégulière », les 21 et 22 novembre.
Or, les migrants sont confrontés, dans toute l'Union européenne, à l'exploitation au travail et à l'impossibilité d'accéder aux services vitaux et à la justice. « Tout cela doit changer, nous devons faire en sorte que les droits fondamentaux soient une réalité pour toute personne qui vit dans l'UE », a poursuivi le directeur du FRA. Et de rappeler qu' « encore aujourd'hui faire valoir ses droits, quand on est un migrant, fait encourir l'expulsion ».
Pour trouver des solutions à ces difficultés connues des clandestins, l'Agence des droits fondamentaux de l'UE a lancé une étude dans tous les pays membres. Plusieurs rapports de la FRA sur ce sujet démontrent que l'absence d'un statut légalement reconnu fait des migrants en situation irrégulière l'objet de graves violations des droits fondamentaux.
La conférence contribuera à un débat au niveau de l'UE afin de promouvoir l'intégration de normes dans la gestion de la migration. Un forum en vue de la mise en réseau et du partage des pratiques prometteuses devrait voir le jour.
« La situation des migrants telle qu'elle est aujourd'hui est dangereuse. Les ponts existants entre les structures gouvernementales et la politique de l'immigration les effraient. Il est déjà arrivé que des informations soient échangées aux autorités sanctionnant l'immigration. Dans un tel contexte, les migrants ne peuvent qu'avoir peur », a conclu Adriano Silvestri de l'Agence des droits fondamentaux de l'UE. (V.W.)