Bruxelles, 23/11/2011 (Agence Europe) - Le Premier ministre britannique, David Cameron, a estimé, mardi 22 novembre, qu'une « guerre civile totale » en Syrie est « vraiment possible », à l'issue d'une rencontre avec le président de la Turquie Abdullah Gül. Le Premier ministre a souligné le « leadership bienvenu » de la Ligue arabe et de la Turquie. « Le monde doit maintenant apporter son soutien à cette démarche en exerçant une pression concertée sur le régime syrien et en s'engageant aux côtés des mouvements d'opposition susceptibles de représenter tous les Syriens lors d'une transition », a précisé M. Cameron. Dans le quotidien The Guardian, le président turc a expliqué qu'une intervention extérieure n'est pas souhaitable, car c'est le peuple qui doit être « l'artisan du changement ».
La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères a d'ailleurs rencontré, le même jour, des représentants du Conseil national syrien (CNS). Elle a salué les efforts de l'opposition syrienne pour « établir une plate-forme unie et travailler pour une vision partagée pour l'avenir de la Syrie et la transition vers un système démocratique », a précisé son porte-parole. La chef de la diplomatie a souligné l'importance d'une plateforme de l'opposition politique « inclusive » prenant en compte toutes les communautés religieuses et ethniques du pays et le maintien d'un engagement clair pour une approche pacifique et non sectaire. Catherine Ashton a également salué les efforts du CNS à cet égard et l'a encouragé à « continuer à s'engager avec la Ligue arabe pour soutenir ses efforts vers une transition réussie ». La Haute Représentante a également réitéré sa préoccupation sur la situation actuelle en Syrie, condamné la répression et réitéré le soutien de l'UE.
Un soutien que le président de l'ADLE, Guy Verhofstadt, voudrait plus concret. « L'UE doit réagir en mettant davantage de pression sur la Syrie. (…) L'UE se laisse dépasser par les événements », a-t-il souligné à la suite d'une rencontre avec le porte-parole du CNS. Pour M. Verhofstadt , l'UE doit « contraindre davantage Assad à quitter son poste », se préparer à agir seule aux côtés de la Ligue arabe s'il n'y a pas d'accord sur une résolution commune du Conseil sécurité des Nations unies, examiner la possibilité d'une zone d'exclusion aérienne à la frontière avec la Turquie afin de protéger les civils dans cette région, et renforcer les sanctions et en élargir la liste. (CG)