Bruxelles, 23/11/2011 (Agence Europe) - Les représentants américains et européens en charge de la Justice et des Affaires intérieures se sont rencontrés le 21 novembre à Washington, à l'occasion de leur réunion ministérielle bisannuelle et à quelques jours du Sommet États-Unis/UE qui abordera également ces sujets, a indiqué le 22 novembre la mission américaine à Bruxelles. Une série de dossiers ont été abordés au cours de cette rencontre, du terrorisme et au nouvel accord sur le transfert des données passagers (PNR), à la cybersécurité, aux explosifs ou encore au futur accord-cadre sur la protection des données, mené du côté européen par la commissaire Viviane Reding.
Dans un communiqué, la secrétaire d'État à la sécurité intérieure Janet Napolitano a souligné le « fort engagement » des États-Unis à travailler avec ses homologues européens tant sur le front de la lutte contre « les menaces à notre sécurité commune » que sur celui de la « stabilité économique ». Le ministre de la Justice Eric Holder a pour sa part indiqué la volonté des deux parties à « continuer à renforcer nos efforts pour combattre le crime organisé et explorer des stratégies pour prévenir et empêcher les activités terroristes ». Selon le ministre, les États-Unis ont également réaffirmé leur engagement à partager davantage d'informations avec les autorités judiciaires et répressives européennes, tout « en protégeant la confidentialité des données personnelles ».
Le 9 novembre dernier, l'UE et les États-Unis se sont entendus sur un nouvel accord de transfert des données passagers devant remplacer celui actuellement en vigueur datant de 2007. La Commission européenne estime avoir obtenu des concessions de la part des Américains sur un certain nombre d'aspects, comme sur la durée de rétention des données, la définition des crimes couverts ou l'anonymisation des données après une période de six mois. Sur le droit de recours des Européens, les choses ont cependant peu bougé du fait que la loi compétente Outre-Atlantique, le Privacy Act, ne s'applique pas aux Européens.
Dans le cadre du futur accord global sur la protection des données, Mme Reding aimerait cependant engranger des progrès dans ce sens mais les États-Unis ne se sont jusqu'ici pas montrés très enthousiastes quant à cet accord qui permettrait de fixer un socle de protection des données applicable à tous les futurs accords sectoriels, du type PNR ou TFTP/Swift. Lors de cette rencontre de Washington, le ministre Holder a néanmoins affirmé sa volonté de continuer à travailler sur cet accord global et affirmé que la protection des données personnelles était tout aussi précieuse pour les États-Unis que pour l'UE. (SP)