Bruxelles, 17/11/2011 (Agence Europe) - La levée officielle des réserves de l'Inde, le 7 novembre dernier, dégage la voie pour la demande de dérogation (waiver) que l'UE sollicite à l'OMC pour accorder des préférences commerciales au Pakistan, dont l'économie fut ravagée par les inondations d'août 2010. L'UE doit toutefois poursuivre ses consultations avec d'autres pays membres pour obtenir un consensus qu'elle espère voir se dessiner « dans un futur proche », selon les services du commissaire au Commerce Karel De Gucht.
À la réunion du conseil du comité de l'OMC chargé du commerce des marchandises, le 7 novembre dernier, l'UE a rappelé qu'il y près d'un an qu'elle a soumis sa demande, dont elle a désormais présenté une version révisée pour prendre en compte les préoccupations systémiques de plusieurs pays membres, l'Inde en particulier, précisant que la mesure s'appliquerait pendant deux ans seulement. Si les États-Unis et la Norvège soutiennent cette demande depuis son introduction, et désormais l'Inde et le Vietnam, plusieurs pays veulent des consultations supplémentaires, parmi lesquels le Maroc, le Bangladesh, l'Indonésie, le Pérou, l'Argentine et le Brésil. Bien qu'elle ait fait de son mieux pour répondre aux demandes de ses partenaires, l'UE a admis que des problèmes subsistent, et s'est dite prête à engager des consultations supplémentaires afin de dégager un accord unanime le plus rapidement possible.
Le projet de règlement proposé en octobre 2010 par la Commission propose une suspension unilatérale, pour les trois ans à venir, des droits de douane de l'UE sur des exportations clés du Pakistan. Les préférences visent 75 lignes tarifaires sur des produits pakistanais (65 sur les textiles, 3 sur les chaussures, 6 sur le cuir et une sur l'éthanol, pour lequel est prévu un quota tarifaire annuel de 100 000 tonnes). L'action doit permettre une hausse des exportations du Pakistan vers l'UE de 100 millions d'euros par an, comparé à 2009. Il était initialement envisagé que le paquet entre en vigueur en janvier 2012. S'il obtient le feu vert des membres de l'OMC, le paquet devra ensuite obtenir l'aval du Parlement européen avant d'être mis en œuvre. (EH)