Bruxelles, 24/06/2011 (Agence Europe) - Encourager la politique de cohésion, c'est encourager les politiques structurelles. Utiliser le Fonds social européen (FSE) pour lutter contre le chômage, essentiellement des jeunes, et mettre le FSE en synergie avec les autres fonds européens est essentiel. Essentielle aussi pour la compétitivité des régions, l'aide aux petites et moyennes entreprises (PME), qui sont les plus grands fournisseurs d'emplois. À ne pas oublier le rôle important qu'ont à jouer les macro-régions, les villes et les communes. Telles sont les principales réflexions issues de la discussion commune sur la politique de cohésion, qui s'est tenue jeudi 23 juin à Bruxelles.
À Oldrich Vlasak (ECR, tchèque), Johannes Hahn a affirmé que les villes et les communes sont, avec l'efficacité énergétique, un objectif central en Europe. La lutte contre la pauvreté est en fait une lutte contre la décrépitude dans les villes. À Georgios Stavrakakis (S&D, grec), le commissaire a indiqué qu'il faudra améliorer la coopération avec ceux et celles qui sont responsables de la politique rurale, être transparent en matière d'innovation. « L'important ici, c'est l'excellence », a affirmé Johannes Hahn, précisant que plus de 30% des crédits de recherche sont situés dans des régions plus spécifiques. Les fonds structurels doivent être investis dans des projets de recherche, là où l'excellence l'exige. L'innovation et la recherche sont axées sur les PME, « point modal de la création d'emplois ».
Au nom de la commission emploi, Sergio Cofferati (S&D, italien) a jugé important que l'Europe réaffirme son engagement social, améliore la qualité du travail et renforce le FSE. Pour Veronica Lope Fontagné (PPE, espagnole), le FSE doit se focaliser sur la création d'emplois et bénéficier de ressources suffisantes, son objectif étant l'inclusion sociale et la reduction de la pauvreté. Même son de cloche du côté de Antigoni Papadopoulou (S&D, chypriote) pour qui l'efficacité du FSE doit être intensifiée.
Pour la commission environnement, Anna Rosbach (EFD, danoise) a dit que les villes ont un rôle essentiel à jouer et il faut préparer un avenir avec des automobiles « plus ou moins intelligentes ». José Manuel Fernandes (PPE, portugais) a souligné que simplification et plus grande souplesse d'application des différents programmes caractérisent la politique de cohésion, mais il faut aussi promouvoir la transparence et exercer un contrôle sur l'exécution des budgets qui doivent être faits en temps réel.
Encourager la politique de cohésion à lutter contre l'exclusion est très important, a estimé Tadeusz Cymanski (ECR, polonais) au nom de la commission des droits de la femme. Le FSE devrait épingler la situation des couches les plus pauvres de la société, le citoyen devant être mis au cœur de nos priorités.
Erminia Mazzoni (PPE, italienne) a estimé que le rapport d'Oldrich Vlasak rend très bien la dimension urbaine de la politique de cohésion. Elle a attiré l'attention sur la nécessité de ne pas négliger les zones rurales et périurbaines et jugé trop faible la participation des autorités locales à la réflexion et à la mise en œuvre des politiques de cohésion. Constanze Angela Krehl (S&D, allemande) s'est dite en accord avec le rapport de Markus Pieper en ce qui concerne la nécessité d'avoir une politique de cohésion « moderne », d'utiliser judicieusement les crédits et de partager le principe du partenariat. Ramona Manescu (ADLE, roumaine) elle aussi a jugé que nous avons besoin d'une politique de cohésion bien financée. Le FSE apportera une valeur ajoutée au fonds de cohésion, a-t-elle affirmé ajoutant qu'elle appuie la création d'une catégorie de régions intermédiaire. Il est nécessaire de donner à la dimension régionale la place qui lui revient dans ce nouveau cadre financier, a conclu la députée. Philip Bradbourn (ECR, britannique) a estimé qu'il faut réduire les déficits budgétaires. Pour Elisabeth Schroedter (S&D, allemande), la politique de cohésion a une valeur ajoutée européenne. Par exemple, elle peut aider à lutter contre les changements climatiques et ses conséquences sociales. Pour elle, mettre en place une catégorie intermédiaire de régions est « absolument nécessaire ». Elie Hoarau (GUE/NGL, français) s'est dit d'accord avec la création d'une catégorie intermédiaire de régions. Pour John Burton (EFD, britannique), la politique de cohésion « n'est pas un cadeau de Bruxelles pour le Royaume-Uni ! ». Franz Obermayer (NI, autrichien) a insisté sur le fait que « l'aide doit arriver là où c'est nécessaire ». Pervenche Berès (S&D, française) a contesté le contenu du paragraphe du rapport Pieper qui porte sur le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM). « Ce fonds n'a pas sa place ici, sa place est au sein de la commission emploi pas régionale ! », a-t-elle affirmé en demandant un vote à part sur ce point. S'exprimant sur l'agenda urbain, Karima Delli (Verts/ALE, française) a déploré l'absence d'un message clair en faveur de la gestion des fonds structurels portée directement par les collectivités locales. Danuta Hübner (PPE, polonaise) a dit espérer que la conditionnalité ex ante sera liée aux politiques et projets, sans surcharge administrative complémentaire. Et pour Jan Olbrycht (PPE, polonais), la politique de cohésion doit accroître et renforcer le potentiel de développement. (G. B.)