Bruxelles, 24/06/2011 (Agence Europe) - La chancelière Angela Merkel parle d'un accord « important pour la stabilisation de l'euro ». Et le président français Nicolas Sarkozy évoque la volonté des chef d'État et de gouvernement européens de « sauver l'euro ». « Jusqu'à présent, nous avons passé toutes les épreuves et à chaque fois la catastrophe a été évitée », a-t-il dit, en se référant aux crises qui depuis le printemps 2010 secouent l'euro, la Grèce, l'Irlande, le Portugal et à la peur de la contagion à d'autres pays. La satisfaction affichée par Mme Merkel et M. Sarkozy, qui a même noté que les conclusions du Sommet suivaient les lignes de la position commune franco-allemande dessinée la semaine passée, a été partagée, à la fin des travaux des leaders, par le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui ont même dressé le bilan des décisions prises sur les autres thèmes à l'ordre du jour.
Mais les épreuves ne sont pas terminées pour autant: à peine obtenue la promesse d'une mise sur pied, sous conditions, d'ici début juillet, d'un nouveau plan de sauvetage, le Premier ministre grec Georges Papandreou a chiffré a environ 110 milliards d'euros ce deuxième plan dont la Grèce a besoin pour éviter la faillite. M. Papandreou a indiqué que les discussions portaient « sur un montant similaire au premier programme d'aide » de 2010, qui prévoyait 110 milliards d'euros en trois ans.
Les jours qui viennent restent donc cruciaux, dans l'effort d'éviter l'embrasement de la zone euro. Mais les signaux qui viennent du Sommet qui conclut le semestre de présidence hongroise du Conseil des ministres de l'UE sont jugés positifs par les protagonistes de la réunion. Et M. Sarkozy retrouve « la volonté de sauver l'euro » même parmi les banques et les autres créanciers privés de la Grèce qui devraient participer au nouveau plan d'aide. Les marchés sont peut-être moins convaincus que les leaders politiques ne le paraissent, vu que l'euro, après les conclusions du Sommet sur la Grèce, mises au point le soir du jeudi 23 juin, s'est montré fragile face au dollar à la fermeture des marchés des changes vendredi.
La Grèce n'a pas été le seul point discuté au Sommet, même si c'était le sujet le plus sensible et le plus délicat. Le Conseil européen a donné son feu vert au gouverneur de la Banque d'Italie Mario Draghi, pour qu'il succède au mois de novembre au Français Jean-Claude Trichet à la présidence de la BCE (la Banque centrale européenne): la décision était attendue, mais il a fallu, avant d'avaliser le choix de M. Draghi, approuvé aussi par le Parlement européen, que la France soit assurée de ne pas se retrouver exclue du directoire de la BCE. L'actuel représentant italien Lorenzo Bini Smaghi, dont le mandat allait jusqu'en 2014, a fait savoir aux présidents Van Rompuy et Sarkozy qu'il quitterait son poste avant la fin de l'année.
Sur le papier, le Sommet devait aussi prendre des décisions sur la politique de l'immigration et la mise à jour des accords de Schengen. Mais, sur ces points, les progrès n'ont pas permis de finaliser les négociations en cours: les leaders se sont bornés a demander à la Commission de plancher sur de nouvelles règles en vue d'une refonte de l'espace Schengen à réaliser au début de l'automne. L'exercice devrait prévoir un mécanisme de sauvegarde à déclencher quand le fonctionnement de l'espace de libre circulation sera mis en péril. Il s'agit de mettre l'espace Schengen en mesure d'absorber le choc des flux migratoires en provenance d'Afrique du Nord, suite au 'printemps arabe', et d'éviter les tensions entre États membres qui, au mois d'avril en particulier, se sont produites notamment entre Italie et France suite aux débarquements en Italie de jeunes Tunisiens qui fuyaient la pauvreté de leur pays et voulaient se rendre en France en passant par l'Italie.
Les chefs d'État ou de gouvernement des 27 pays de l'Union européenne ont aussi donné leur aval à la fin des négociations pour l'adhésion à l'UE de la Croatie: les accords devraient être peaufinés d'ici la fin du mois, la signature du traité d'adhésion est attendue d'ici la fin de l'année et la Croatie pourrait ainsi devenir le 28ème État membre de l'UE le 1er juillet 2013.
Sur la scène internationale, le Sommet a abordé le conflit en Libye, la situation en Syrie et la façon d'encourager les progrès vers la démocratie et le développement économique des pays du sud de la Méditerranée: le Conseil européen a réitéré la demande que le colonel Kadhafi quitte le pouvoir en Libye et a à nouveau exprimé son soutien au mouvement des rebelles et a condamné la répression en Syrie, après que l'UE a renforcé le jeudi 23 juin ses sanctions à l'égard du régime de Damas. Quant au processus de paix au Proche-Orient, les dirigeants européens ont déconseillé des actions unilatérales, qui pourraient entraver un retour aux négociations entre Israéliens et Palestiniens. Une façon de décourager les Palestiniens de demander au mois de septembre le soutien de l'Onu à la création d'un État indépendant. (Gp)