Bruxelles, 09/06/2011 (Agence Europe) - À un mois jour pour jour de la date prévue pour la proclamation d'indépendance du Sud-Soudan, le Parlement européen, préoccupé par l'escalade de la violence qui a causé des centaines de morts et l'exode de milliers de personnes dans la zone disputée d'Abyei, appelle au retrait des forces armées de cette zone frontière entre le nord et le sud du Soudan. Cet appel, les eurodéputés l'ont lancé jeudi 9 juin, à Strasbourg, dans une résolution adoptée en plénière sur la situation au Soudan et au Sud-Soudan après le référendum d'autodétermination de janvier qui a vu le sud voter massivement pour son indépendance.
Le Parlement rappelle que les questions post-référendaires en suspens - le partage des revenus pétroliers, l'utilisation des pipelines, les frontières de démarcation, la citoyenneté et la répartition des dettes et des actifs - doivent être résolues par un dialogue constructif entre le nord et le sud.
S'attaquer à la crise humanitaire est une urgence, estiment les eurodéputés satisfaits de la mobilisation par l'UE de 200 millions d'euros pour les populations vulnérables du Sud-Soudan. La résolution souligne que la gestion du rapatriement, en toute sécurité, des personnes déplacées est une priorité et devrait comprendre l'attribution des terres à ces populations ainsi que leur accès aux services de base.
Le Parlement invite les créanciers internationaux à alléger la dette du Soudan comme du Sud-Soudan. Il juge qu'une législation sur les investissements étrangers s'impose pour garantir que les ressources naturelles profitent à l'économie nationale et pour lutter contre la pauvreté au Sud-Soudan.
Les eurodéputés considèrent que la situation au Darfour demeure très préoccupante, ce dont témoignent notamment le bombardement récent de la mission des Nations unies au Darfour par les forces gouvernementales, et les prises d'otages ciblées sur plusieurs travailleurs humanitaires. Le Parlement se félicite des consultations sur le processus de paix menées sous l'égide de l'ONU et demande à toutes les parties de respecter le cessez-le-feu ainsi que les accords de cessation des hostilités d'ores et déjà signés. (A.N.)