login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10395
Sommaire Publication complète Par article 23 / 41
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/dÉveloppement

Le financement doit cibler la seule éradication de la pauvreté

Bruxelles, 09/06/2011 (Agence Europe) - De l'avis du Parlement européen, l'instrument financier de la coopération au développement (IDC) institué en 2006 par voie de règlement (n° 1905/2006) doit, à l'avenir, absolument faire de l'éradication de la pauvreté son unique objectif, la poursuite des objectifs du Millénaire pour le développement devant rester la finalité première jusqu'en 2015. Dans une résolution adoptée à main levée mercredi 8 juin à Strasbourg, les eurodéputés ont enfoncé le clou, regrettant, comme leur rapporteur Gay Mitchell (PPE, irlandais), que n'ait pas été entendu cet appel déjà formulé dans le contrôle démocratique qu'exerce le Parlement sur la mise en œuvre du règlement.

Ce nécessaire recentrage de l'aide, garant de son efficacité, doit aller de pair avec une augmentation des ressources affectées à l'aide publique au développement (APD) et une distribution stratégique des fonds, estiment les parlementaires.

« Pour atteindre nos objectifs du Millénaire pour le développement, nous devons accroître, en termes réels, le financement pour atteindre collectivement 0,7% du RNB en aide publique au développement à l'horizon 2015. Pour l'après-2013, nous voulons que l'instrument financier soit exclusivement ciblé sur l'éradication de la pauvreté dans le monde en développement. Il est clair également que la distribution ciblée de l'aide a un impact énorme sur l'efficacité des programmes anti-pauvreté. Au moins 20% du budget doivent être destinés aux soins de santé primaire et à l'éducation », résume Gay Mitchell.

Le Parlement rappelle qu'il ne faut pas confondre une stratégie en faveur de la croissance avec une stratégie de développement à long terme impliquant le financement d'objectifs à long terme notamment dans les domaines de la santé, l'enseignement, l'accès à l'énergie dans les zones rurales et l'aide aux petits agriculteurs. Une distribution plus stratégique de l'aide passe par une plus grande implication des acteurs non-étatiques et des autorités locales, aussi le Parlement insiste-t-il sur la nécessité d'un dialogue régulier et structuré entre la Commission, le SEAE et ces acteurs tant sur la programmation que sur la mise en œuvre de l'aide. Le Parlement s'inquiète de la tendance - en cette période de contraintes budgétaires - à se focaliser sur les investissements dans le secteur privé pour lever davantage de fonds destinés à financer le développement. Il rappelle à cet égard que « la coopération au développement est le seul domaine de la politique d'action extérieure qui n'a pas été conçu pour servir les intérêts de l'UE, mais bien plutôt pour défendre les intérêts des populations les plus marginalisées et les plus vulnérable de la planète ». Partant, il invite la Commission à s'assurer que « tous les fonds publics destinés à soutenir les investissements dans le secteur privé dans les pays du Sud ne soient pas détournés par les secteurs déjà sous-financés, comme c'est le cas des programmes concernant les acteurs non étatiques et les autorités locales ». Ce soutien doit permettre de développer efficacement le secteur privé national et les PME des pays à faibles revenus, précise la résolution. (A.N.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES