Bruxelles, 24/05/2011 (Agence Europe) - Premier président paraguayen en visite bilatérale auprès des institutions européennes, Fernando Armindo Lugo Mendez a reconnu les divergences existantes au sein même du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) et de l'Union européenne dans le cadre des négociations en cours visant à établir la plus vaste zone de libre-échange dans le monde. « Le pluralisme sain ne nous fait pas peur », a-t-il déclaré mardi 24 mai à l'issue de sa rencontre avec le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso. Le président en exercice du Mercosur a estimé « légitime » que les pays européens et du Mercosur ne pensent pas tous pareil. Il a néanmoins fait part de son optimisme concernant la possibilité de parvenir à un accord, sans fixer d'horizon temporel.
D'accord avec M. Lugo sur la difficulté des négociations, notamment sur le volet agricole, M. Barroso a quand même fait état de « progrès dans les domaines politiques et normatifs » du futur accord d'association qui unira les deux ensembles régionaux. « Nous nous sommes mis d'accord sur la nécessité de continuer les préparatifs internes pour améliorer les offres en matière d'accès au marché », a-t-il ajouté. Suite au 5ème round de négociation, les deux parties ont décidé de reporter la présentation de leur offre respective, probablement à novembre (EUROPE n°10375). Les agriculteurs européens s'inquiètent notamment de l'impact d'une ouverture des marchés agricoles européens aux producteurs sud-américains.
Sur le plan des relations bilatérales, le président de la Commission a félicité le Paraguay pour ses résultats économiques. La croissance a atteint « 15,3% » en 2010, a confirmé M. Lugo. Une performance que son pays doit « en grande partie » à la coopération avec l'Union européenne. Selon la presse paraguayenne, le gouvernement était en négociation avec les Européens pour porter à 2500 tonnes les exportations paraguayennes de viande vers l'UE et sur l'ouverture du marché européen à la stevia, une herbe aromatique réputée pour son pouvoir édulcorant. M. Barroso en a profité pour rappeler le soutien continu de l'UE en faveur de « l'intégration régionale », en citant l'exemple de l'organisation intergouvernementale UNASUR, qui rassemble depuis 2008 les pays d'Amérique du Sud excepté la Guyane française.
Outre une rencontre avec le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, M. Lugo s'est entretenu avec la délégation des eurodéputés membres de l'Assemblée parlementaire euro-latino-américaine (EUROLAT). Réunie en plénière la semaine dernière à Montevideo (Uruguay), celle-ci a adopté trois résolutions sur les aspects commerciaux, sociaux et sécuritaires des relations euro-latino-américaines. (M.B.)