Bruxelles, 24/05/2011 (Agence Europe) - La commission des transports et du tourisme du Parlement européen est revenue sur sa position critique relative à l'usage des scanners corporel dans les aéroports en Europe en approuvant, mardi 24 mai, à une large majorité des voix (37 votes pour, 2 contre et 3 abstentions), le rapport de Luis de Grandes Pascual (PPE, espagnol) sur la sûreté aérienne. Le rapport présente des recommandations en vue de permettre aux États qui le souhaitent de mettre en place dans les aéroports des scanners corporels. Ce changement radical par rapport à la position du Parlement en 2008 est justifié par M. Pascual par « l'évolution de la technologie des scanners » qui deviennent ainsi « une plus-value évidente en termes de sécurité, sans risques pour la santé des passagers et sans atteintes à leurs droits fondamentaux ». Selon le rapport, le plus grand danger pour la santé humaine viendrait des scanners à rayons X qui devraient être prohibés. Au sujet de la protection des données personnelles, le rapport établit qu'aucun type de scanner actuellement testé par certains États européens ne permet la sauvegarde de données. L'intimité des passagers serait également préservée par le recours à des images du type « bonhomme allumette » qui ne montrent que des objets considérés comme potentiellement dangereux. L'utilisation des scanners est toutefois facultative, tant pour les États, que pour les passagers. Ces derniers devraient avoir le droit de refuser le scanner, au seul risque de se voir imposer d'autres dispositifs, comme la fouille corporelle, bien que ce genre de méthodes soient « plus gênantes », selon les termes employés par M. Pascual.
Le rapport appelle également la Commission européenne à clarifier la situation en matière de liquides, gels et aérosols dans les bagages à main, en se prononçant en faveur de la levée en 2013 des restrictions imposées actuellement à leur transport. C'est aussi le développement technologique des scanners qui devrait faciliter la vie des passagers. Pour le rapporteur, « en 2013, la technologie sera disponible pour détecter les liquides potentiellement dangereux ».
Les recommandations du rapport sont une tentative, selon M. de Grandes Pascual, de marier « le plus haut niveau de sécurité » possible avec le respect de la santé et des droits des passagers. En cela, le rapport constitue un « appel à une proposition législative », a-t-il souligné lors de la présentation du rapport. Une proposition qui devrait émaner de la Commission européenne dans le cadre de la procédure de codécision afin d'harmoniser la sûreté aérienne au niveau européen. (J.K.)