Bruxelles, 24/05/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne a indiqué, mardi 24 mai, ne pas s'attendre à ce stade à une fermeture de grande ampleur de l'espace aérien en raison des cendres crachées par le volcan islandais Grimsvötn. « Même si nous sommes en partie dépendants des conditions météorologiques et du modèle de dispersion des cendres, nous ne nous attendons pas à ce stade à une fermeture de grande ampleur de l'espace aérien ni à une interruption prolongée » du trafic aérien « comme nous l'avons vu l'an dernier », a affirmé devant la presse le commissaire aux Transports Siim Kallas. Même si les cendres volcaniques diffèrent par leur nature de celles crachées en avril dernier par le volcan Eyjafjöll, elles représentent « toujours un risque sérieux » et « la décision finale de la fermeture de l'espace aérien revient aux autorités nationales ». Et d'ajouter que nous avons « tiré les leçons » des perturbations survenues l'an dernier: « la réponse de l'Europe est plus graduelle », a assuré le commissaire et suite aux amendements des règles européennes après la crise d'avril dernier, les compagnies aériennes sont libres « d'évaluer où elles vont », a-t-il rappelé. Il s'est toutefois dit prêt, en liaison avec la Présidence hongroise de l'UE, à convoquer une réunion extraordinaire des ministres européens des Transports s'il fallait « davantage coordonner » les efforts nationaux des différents pays. Mais, pour l'heure, a-t-il jugé, la cellule européenne de coordination mise sur pied à Bruxelles suffit (EUROPE n° 10384). Des propos similaires ont été tenus mardi, par le président de l'Islande Ólafur Ragnar Grímsson sur la chaîne CNN. « C'est une éruption différente » que celle survenue l'an dernier et « l'Europe est mieux préparée pour y faire face ». En matière de perturbations du trafic aérien, « ça ne se passera pas du tout de la même façon que l'année dernière », a-t-il assuré, en appelant toutefois à ne pas banaliser cette éruption, « la plus grande que l'Islande ait connue dans la région depuis 140 ans ».
Environ 500 des 29 000 vols prévus en Europe ont été annulés mardi, à cause du passage du nuage de cendres, a annoncé Eurocontrol (Organisation européenne pour la sécurité de l'aviation civile) mardi en début de soirée. Les rapports préalables font part de 252 vols annulés, principalement internes à l'Écosse et à l'Irlande ; les compagnies aériennes Ryanair, KLM, AirLingus et EasyJet ont décidé de suspendre les opérations pour les raisons de sécurité. « Le nuage a atteint l'Écosse et le nord de l'Irlande et les compagnies aériennes ont décidé de ne pas voler dans les zones rouges à forte densité de cendres » (c'est-à-dire 4 mg/m3, selon Siim Kallas), a expliqué Brian Flynn, chef des opérations de l'organisation européenne de la sécurité aérienne sur le site « twitter » de l'organisation. D'autres aéroports du Royaume, y compris Londres Heathrow, fonctionnaient normalement, l'autorité de l'aviation civile britannique ayant autorisé les compagnies aériennes à survoler les zones à moyenne densité de cendres. Selon les prévisions du Centre du conseil pour les cendres volcaniques (VAAC) de Londres communiquées par Eurocontrol, le nuage pourrait atteindre dès la fin de la journée de mardi le sud-ouest de la Suède, le sud de la Norvège et le Danemark, ce qui pourrait avoir un « léger » impact sur le trafic aérien. L'Organisation n'a toutefois pas confirmé les prévisions préalables de l'Office météorologique britannique selon lesquelles le nuage toucherait mercredi l'ensemble du Royaume-Uni. Les services néerlandais de contrôle aérien (LVLN) avaient annoncé mardi que les cendres devraient atteindre mardi en cours de journée ou en soirée « l'extrême nord-ouest » de l'espace aérien néerlandais. Les autorités de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol ne prévoyaient toutefois aucune perturbation majeure du trafic suite au passage du nuage. Toujours est-il que le déplacement du nuage a entraîné une série de modifications des programmes de voyage: après que le président américain a raccourci de deux heures son séjour en Irlande, le Premier ministre de Lettonie Valdis Dombrovskis a annulé mardi son déplacement vers Londres, prévu pour mercredi, selon la presse internationale. Le club de football FC Barcelone a pour sa part anticipé de deux jours son départ vers le Royaume-Uni pour le Champions League.
Certaines compagnies aériennes, notamment Ryanair, ont aussi mené, mardi, des vols 'test' à travers les zones à plus forte concentration de cendres. Selon cette compagnie, citée par AFP, un vol d'essai a montré l'absence de toute cendre, ce qui conforte l'opinion de la compagnie selon laquelle aucune menace n'existe. Un avis que ne partagent pas les autorités de l'aviation civile britannique. Selon de premières constatations, les cendres projetées par le Grimsvötn sont plus lourdes et se déplacent moins que celles émises l'an dernier par le volcan Eyjafjöll.
Trois zones: bleue, grise et rouge ont été créées pour éviter la paralysie du ciel européen après l'éruption du volcan Eyjafjöll en Islande en avril 2010. Auparavant, les mesures de sécurité imposaient la fermeture de l'espace aérien du pays dès qu'il était touché par un nuage de cendres. (A.By.)