Bruxelles, 24/05/2011 (Agence Europe) - En marge du débat que les ministres des Affaires étrangères ont eu lundi 23 mai au Conseil avec Catherine Ashton sur le fonctionnement du service européen pour l'action extérieure (SEAE), les représentants du Royaume-Uni se sont dits inquiets de voir le nouveau service diplomatique européen « grignoter » de plus en plus de compétences des États membres et d'avoir des exigences budgétaires démesurées. Le gouvernement britannique veut être « très clair sur le fait que les compétences respectives de l'UE et de ses États sont respectées », a ainsi estimé le ministre chargé des Affaires européennes, David Lidington. William Hague, le ministre des Affaires étrangères, a même envoyé des instructions aux ambassadeurs britanniques dans le monde leur demandant d'être vigilants à l'égard de tout risque de « grignotage de compétences », a souligné M. Lidington. « Il y a des sortes de pressions exercées par certaines parties de la machinerie européenne » en matière de compétence « mais nous repousserons (ces pressions) qui sont trop ambitieuses », a-t-il dit. Londres se met aussi en position pour contrecarrer la demande de Catherine Ashton pour une hausse de 5,8% du budget du SEAE pour 2012 (par rapport à 2011, première année d'existence). « Je pense qu'ils doivent être raisonnables en ce qui concerne le budget. La hausse de 5,8% qu'ils demandent est un peu ridicule », a estimé M. Lidington. Mme Ashton a refuté les critiques. « Je ne sais pas de quel grignotage de compétences il (M. Lidington) a peur », a-t-elle dit après le Conseil devant la presse. Quant aux demandes budgétaires, elle a défendu sa demande d'une hausse de 5,8% car, a-t-elle dit, les fonds de 2011 ne suffiront pas pour couvrir les coûts de fonctionnement du SEAE en 2012. La Haute représentante a toutefois promis de maintenir « les coûts aussi bas que possible ». (H.B.)