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Bulletin Quotidien Europe N° 10380
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/algÉrie

Accord à « mi-chemin » pour redynamiser la coopération

Bruxelles, 17/05/2011 (Agence Europe) - L'Algérie et l'UE ont décidé de réunir en juin leur Conseil d'association pour tenter de relancer une coopération freinée par des difficultés éprouvées dans la mise en œuvre de l'accord d'association et par la faiblesse des investissements européens constatée par le pays partenaire, apprend-on d'Alger au terme de la visite de deux jours du commissaire européen en charge du voisinage et de l'élargissement. Stefan Füle a rencontré dans la capitale algérienne plusieurs membres du gouvernement en charge de l'économie, et en premier, le chef de la diplomatie, Mourad Medelci. Il a pu esquisser avec ses interlocuteurs un schéma de relance à « mi-chemin » des exigences des deux parties.

Alger revendique un report dans la mise en œuvre du plan de démantèlement tarifaire prévu par l'accord pour avoir le temps de protéger des industries généralement peu compétitives. Bruxelles propose de ne pas bouleverser les étapes mais en accompagnant davantage l'économie algérienne pour qu'elle puisse mieux faire face au défi de l'ouverture du marché.

Ce sera le thème principal de la session du Conseil d'association, la 4ème, qui devrait avoir lieu le 21 juin. M. Medelci a précisé que « l'accord d'association Algérie-UE permettait à l'Algérie de solliciter une révision de ce calendrier pour tenir compte de la nécessité d'accompagner les efforts, qui au niveau de plusieurs filières industrielles ou agricoles, sont faits par le gouvernement pour essayer de les développer et de les moderniser ». Il a toutefois écarté l'idée d'un bouleversement: « La question de la révision de ce calendrier n'est pas négligeable mais elle n'est pas aussi celle qui peut basculer tout l'édifice de coopération entre l'Algérie et l'UE », a-t-il dit. Globalement, la priorité pour l'Algérie, selon M. Medelci, reste de développer des secteurs hors hydrocarbures dans le cadre de la diversification de son économie nationale. « Notre défi, que nous partageons avec nos partenaires, en particulier l'UE, est de pouvoir créer les conditions pour recevoir plus d'investisseurs dans différents créneaux hors secteur des hydrocarbures », a-t-il déclaré. De source officielle, il est envisagé de signer en septembre un accord de coopération scientifique et technologique.

On apprend également que la création d'un 'comité de dialogue politique' a été décidée et il « va à partir d'aujourd'hui revêtir un caractère officiel » pour offrir un cadre de consultations permanentes entre l'Algérie et l'UE sur des questions politiques, sécuritaires et celles relatives aux droits de l'Homme. M. Füle a été sollicité par la presse sur les aspects politiques et ses réponses ont paru prudentes, en insistant toutefois sur l'attachement européen à une plus grande implication de la société civile dans la conduite des affaires publiques. Le commissaire européen, selon la presse locale, a dit être « ravi » d'apprendre de la part de Mourad Medelci que les réformes politiques annoncées par le président Bouteflika, « en plus des partis politiques, vont inclure la société civile et renforcer la démocratie, la liberté d'expression et d'association ». Il a exprimé, selon les mêmes sources, son « soutien et celui de l'UE (après) la levée de l'état d'urgence et les prochaines réformes ». Pour M. Füle, « il est évidemment crucial de se mettre à l'écoute des aspirations du peuple algérien ».

Le pays demeure depuis des semaines en état latent d'éruption au diapason des révolutions dans les pays voisins. « Les changements historiques dans la région font que nos relations avec ces pays doivent changer et l'UE, elle-même, devra changer », estime le commissaire. Et d'ajouter « un brin énigmatique », relève la presse, «qu'aucun pays (arabe) n'est immunisé mais chacun suit son rythme ». « Les pays de la rive sud de la Méditerranée sont désormais tenus de respecter un 'smig démocratique' à leurs peuples pour bénéficier de l'assistance de l'UE », résume le journal algérien.

Il a été également question de la liberté de circulation des personnes. M. Medelci a plaidé pour que les questions de visas et de réadmission soient traitées de manière bilatérale entre l'Algérie et chacun des pays de l'UE.

Les accords de réadmission liant l'Algérie à certains pays de l'UE « fonctionnent relativement bien » et pour le ministre, la liberté de circulation « ne doit pas porter préjudice aux pays d'accueil qu'il s'agisse des pays de l'UE ou de l'Algérie ». « Ce couple liberté-sécurité doit être géré dans une harmonie et avec des mécanismes chaque fois plus efficients ».

« Depuis quelques années, il y a eu quelques améliorations concernant le nombre de visas accordés », a constaté le ministre des Affaires étrangères, soulignant, cependant, qu'il « reste beaucoup à faire pour améliorer cette liberté de circulation ». (F.B.)

 

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